Le second tour de l'élection présidentielle au Bénin en 2016, a eu lieu le dimanche 20 mars. Patrice Talon, a gagné sans bavure cette présidentielle face à Lionel Zinsou.
Les scores officiels validés par la Cour constitutionnelle, créditent Patrice Talon de 65,37 %, élu au nom de la coalition de l'opposition.
À l'actif de Lionel Zinsou, le perdant et dauphin de Boni Yayi, le score exprimé par la Cour constitutionnelle est 34,63 % des suffrages exprimés.
Ce scrutin du 20 mars 2016, a eu un taux de participation de 65 % des inscrits qui se sont rendus aux urnes pour ce second tour.
COUP DE FIL DE ZINSOU À TALON
Dans la soirée de ce 20 mars 2016, Lionel Zinsou, a passé un coup de fil à Patrice Talon pour reconnaître sa défaite et pour le féliciter de sa victoire. Tout ceci avant même l'annonce des tendances provisoires par la Commission électorale nationale autonome (Cena), sans oublier les résultats définitifs de la Cour constitutionnelle.
Cette élection marquait un passage de témoin au sommet de l'Etat, surtout avec la fin du second mandat de Boni Yayi. À titre de rappel, Patrice Talon, a prêté serment le 6 avril 2016.
Pour rappel, lors du premier tour, Lionel Zinsou était arrivé en tête avec 28,44 % des voix, suivi de Patrice Talon avec 24,80 %, avant que celui-ci ne bénéficie du ralliement de la majorité des autres candidats pour le second tour surtout avec l'onction du 1er des présidentiables recalés du premier tour, Sébastien Ajavon. La suite...
DEPUIS 2016, LE BÉNIN ENTRE VITALITÉ ÉCONOMIQUE ET RÉGRESSION DÉMOCRATIQUE
De 2016 à ce jour, Patrice Talon, a su imprimer une vitalité économique indéniable à notre pays. En effet, Patrice Talon s'est résolu à l'équation : Éclat du Bénin.
Depuis 10 ans, le Bénin s'est métamorphosé sous une main de fer, dessinant une trajectoire où les chiffres chantent ce que les voix n'osent plus murmurer.
Patrice Talon a su transformer notre pays en un chantier à ciel ouvert où le bitume et le béton, ont remplacé l'incertitude. Patrice Talon ne s'est pas contenté de façonner Cotonou, mais chacun des 12 chefs-lieux des départements de notre pays, sans oublier certaines villes secondaires.
Mieux, la gouvernance Talon, a également imposé une rigueur financière dans les régies financières. Le coton, notre or blanc désormais en tête du continent devant le Mali, tisse les fils d'une croissance robuste.
En outre, c'est l'ère de la crédibilité internationale, où le label Bénin s'exporte comme une signature de sérieux et de modernité infrastructurelle. Le pays avance, droit, rapide et efficace.
MAIS DANS L'OMBRE DES ÉDIFICES
Oui, dans l'ombre des édifices neufs, une étrange mélancolie s'est installée. À mesure que les indicateurs macroéconomiques verdissent, le jardin démocratique, lui, semble s'étioler.
Pour beaucoup, le prix de cette efficacité, est un silence imposé. L'espace politique, autrefois bouillonnant et fécond, s'est figé dans une architecture millimétrée où la contradiction s'efface devant la discipline.
On ne célèbre plus la joute oratoire, on exécute des plans. La déception est là, subtile mais profonde : celle d'un peuple qui a gagné des routes, mais qui recherche encore le souffle de sa liberté d'antan.
Le Bénin de Talon est ce paradoxe vivant : une machine de développement qui tourne à plein régime, et qui fait des jaloux dans la sous-région, mais dont le moteur démocratique semble avoir été étouffé en chemin, l'âme vibrante de sa pluralité, avec un Bénin 1er laboratoire de la démocratie en Afrique francophone.
Après les dernières élections municipales et les législatives du 11 janvier dernier, et ce sans l'opposition, la prochaine présidentielle se déroulera sans le plus important parti de l'opposition.
SURGIR, AGIR ET DISPARAITRE
Le peuple souverain béninois n'a pas oublié ce slogan de campagne de Patrice Talon en 2016 : " Surgir, Agir et Disparaître". Il a surgi. Il a agi et il partira le 23 mai prochain sans faire un 3 ème mandat.
Au nom de l'important développement réalisé, en dépit du pluralisme mis en boîte, à son départ, des Béninois jurent de le congratuler pour une raison majeure : il a fait le job.
Stanislas KPADÉ
L'Afrique en marche du 19 mars 2026 No 1141


