L'Editorial de Murielle MENSAH
Quelle est la part de responsabilité du parti "Les Démocrates" divisé en ce qui concerne la révision de la Constitution ?
Cacophonie relative au dossier du parrainage du député Sodjinou, disqualification du duo du parti "Les Démocrates", défection de six députés de ladite formation, n'ont-elles pas fait boule de neige jusqu'à la révision de la Constitution?
La défection de députés LD qui "pactisent" avec la mouvance présidentielle, n'a pas permis à l’opposition de maintenir ses rapports de force traditionnels, ce qui a offert davantage de marge de manœuvre au pouvoir en place.
En effet, les fractures internes au sein de ce parti d’opposition ne se sont pas seulement limitées aux simples querelles de leadership. Elles se sont étendues jusqu’au Parlement, favorisant des élans institutionnels qui ont abouti une révision constitutionnelle majeure, le 15 novembre dernier.
En effet, au terme du choix du duo présidentiel de ce parti en octobre dernier, le parti de Boni Yayi est apparu affaibli par ses propres déchirures
Dès lors, ce parti qui jouait un rôle central dans l’équilibre démocratique, secoué par des conflits internes, rivalités entre chefs de factions, accusations de trahison, divergences stratégiques ou ambitions personnelles, a naturellement contribué au boulevard de la révision. Et voici le Bénin qui passe du quinquennat au septennat.
...BALAYER DEVANT SA PORTE
En effet, si l'initiative de la révision a été mise sur la table, c'est parce que la capacité de barrage constitutionnelle du parti "Les Démocrates" n'existait plus.
Les querelles avaient déjà atteint leur point culminant et se sont répercutées directement sur la cohésion du groupe parlementaire LD.
Des députés du parti de Boni Yayi se sont retrouvés déchirés entre fidélité à leur parti, loyauté à leur leader historique ou recherche d’alliances opportunistes.
Résultat, les dynamiques de vote au Parlement, ont brutalement changé avec des conséquences "lourdes" pour l'avenir politique du Bénin, qui passe désormais du quinquennat au septennat.
Lorsqu’un parti d'opposition se scinde en plusieurs groupes, le Parlement devient le théâtre d’une recomposition politique inattendue.
Cette désorganisation de l’opposition a donné au gouvernement Talon, une majorité qualifiée, permettant d’engager cette révision, jusque-là impossible.
La majorité parlementaire a été renforcée grâce aux dissidents de l’opposition, et l'initiative de la révision est devenue réalisable avec des modifications en profondeur, telles que désormais la durée du mandat présidentiel, le mandat législatif...
Disons-le clairement, la division entre ténors du parti "Les Démocrates", a facilité l’effondrement interne et quelques semaines après, a donné une caution à la révision.
Si aujourd'hui beaucoup y voient un affaiblissement du jeu démocratique, avec une révision qui sert des intérêts particuliers plutôt que le bien commun, il faut que le parti de Boni Yayi reconnaisse sa pleine responsabilité dans tout ce qui vient de se passer.
A s'y méprendre...
lafriqueenmarche du 18 novembre 2025 No 1048


