L'Editorial de Murielle MENSAH
L'élection de Joseph Djogbénou à la présidence du Parlement est perçue comme une prime à la fidélité. Contrairement à Joseph Djogbénou revenu en grâce en fin de mandat de Talon, comment analyser ce cas historique spécifique surtout comparativement à certains grands perdants ?
Joseph Djogbénou est le nouveau président du Parlement béninois pour les sept prochaines années. Entre les perceptions de lot de consolation ou de prime à la fidélité, certains préfèrent mettre le curseur sur sa fibre à ne pas contester les idéaux de Patrice Talon.
Durant 10 ans, certaines contingences politiques, ont été des obstacles aux ambitions politiques de Joseph Djogbénou, surtout celle de diriger le Bénin. Cependant, il a su résister aux vents contraires. Récompenser un fidèle des fidèles comme Joseph Djogbénou en fin de mandat, n'est donc pas une mauvaise option. Joseph Djogbénou, très en vue dans le cercle restreint des proches de Patrice Talon, a su attendre son heure.
Attendu pour être le dauphin de Patrice Talon, à défaut du palais présidentiel de la Marina, il va officier depuis celui des Gouverneurs à Porto-Novo, un haut lieu de politique pour lui permettre d'étaler sa science juridique.
Avec cette élection de Joseph Djogbénou, il y a donc des avantages stratégiques même avec ou sans calculs politiques pour ceux qui savent attendre. Mieux, cette élection de Joseph Djogbénou consolide la base de la mouvance présidentielle en fin de mandat, car elle permet au leader du parti politique au 1er rang des législatives du 11 janvier dernier de prendre le perchoir.
DES ACTES QUI PARLENT
Même si en politique, c'est connu qu'en fin de mandat, un leader cherche souvent à sécuriser le soutien de son "premier cercle" pour préparer l'avenir ou assurer une transition fluide, on retient que la loyauté est un bon baromètre pour récompenser. Surtout qu'en matière d'incitations pour le futur, il y a des fidèles parmi les fidèles du premier cercle de Patrice Talon en 2016, qui seront à jamais dans le couloir des gros perdants.
Dans cette série, on peut citer Olivier Boko et Candide Azannaï. Ces deux ne sont plus à présenter. Aujourd'hui, ils sont tous deux derrière les barreaux. Ce n'est donc pas la peine de feuilleter leur récent passé.
C'est donc normal que les fidèles des fidèles comme Joseph Djogbénou aient des honneurs et distinctions de fin de mandat, contrairement à ceux qui ont eu à connaître une sortie de route en plein élan de la "Rupture". À défaut de la loyauté permanente, au nom de la loyauté passée, et si en fin de mandat, une mansuétude pour eux, même s'ils ont malheureusement défié ou trahi, intervenait?
L'Afrique en marche du 11 février 2026 No 1114

