Le secrétaire général de la Confédération syndicale des travailleurs du Bénin (CSTB), Nagnimi Kassa Mampo, exprime une vive opposition face à la structuration du premier gouvernement du président Romuald Wadagni, notamment le rattachement de la fonction publique au ministère délégué du Budget.

Pour le leader syndical, ce remaniement institutionnel s'apparente à une "mise sous tutelle" des droits des travailleurs par les logiques budgétaires et financières.

Selon le SG CSTB, on ne peut donner priorité à l'austérité. Kassa Mampo dénonce le fait de lier la gestion de la Fonction publique au ministère de l'Économie et des Finances dirigé par Aristide Medenou et celui délégué du Budget sous l'égide de Monsieur Chaou.

Le syndicaliste craint que les décisions sur les carrières et salaires soient dictées uniquement par des restrictions budgétaires.

La CSTB redoute la continuité de la précarité et la reconduction pure et simple du système économique de l'ancien président, Patrice Talon. 

Le syndicaliste estime que les réformes en cours oublient les réalités sociales de la classe ouvrière béninoise.

De l'analyse du syndicaliste, la disparition ou le cloisonnement d'un grand ministère indépendant du Travail affaiblit le poids des négociations collectives face au patronat et à l'État.

Le contexte de la réforme gouvernementale avec le décret n°2026-314 du 24 mai 2026, qui  officialise la liste des 24 ministres du gouvernement Wadagni, a opéré d'importants réaménagements stratégiques.

Économie et Finances : Confié à Aristide Medenou et dans le même temps, le Budget et Fonction publique sont rattachés en tant que ministère délégué sous la supervision de l'Économie, avec Rodrigue Chaou à sa tête.

De ce fait, la CSTB réclame une réévaluation urgente des priorités du septennat afin d'intégrer des réponses concrètes aux revendications des fonctionnaires et des ouvriers du pays.

Proposez-nous un texte exceptionnel et subliminal pour mettre en exergue les critiques du SG CSTB suite au Remaniement de Wadagni qui met sous tutelle le ministère du travail. Pour lui, ceci urge pour éviter une perte d'autonomie du dialogue social.

OMBRE DE LA FINANCE 

La critique du secrétaire général (SG) de la Confédération syndicale des travailleurs du Bénin (CSTB) suite à la mise sous tutelle du ministère du Travail par Romuald Wadagni, entraîne une alerte.

En effet, le remaniement orchestré par le pouvoir exécutif marque un tournant historique inquiétant pour le monde syndical béninois. 

En plaçant le ministère du Travail et de la Fonction publique sous le giron du ministère délégué du Budget, l’État dévoile sa véritable matrice idéologique. 

Le secrétaire général de la CSTB ne s'y trompe pas. Cette mise sous tutelle sonne le glas de l'autonomie du dialogue social.

Ce rattachement institutionnel n'est pas une simple réorganisation administrative, c'est un choix de gouvernement. Le travail humain, force vive de la Nation, est officiellement rétrogradé au rang de simple variable d'ajustement budgétaire. 

Les droits des travailleurs, la gestion des carrières des fonctionnaires et la protection sociale ne sont plus traités comme des priorités humaines ou démocratiques, mais comme des lignes de coûts à rationaliser sous l'œil austère des bailleurs de fonds internationaux.

À travers cette configuration, le pouvoir Wadagni envoie un signal fort mais silencieux. La négociation collective est close, place à l'injonction comptable. 

En privant le ministère du Travail de sa souveraineté, on transforme le médiateur de la République en un simple exécutant des arbitrages financiers.

La CSTB, fidèle à sa ligne de masse, lève le voile sur cette manœuvre. Derrière l'argument de l'efficacité de gestion se cache la mise au pas définitive des revendications salariales et le verrouillage de la fonction publique. 

Quand la finance absorbe le travail, ce sont les libertés syndicales qui s'asphyxient. 

Le Non ouvrier reste, plus que jamais, le dernier rempart.

Nourou TIDJANI 

L'Afrique en marche du 1er juin 2026 No 1192