L'Editorial de Murielle MENSAH
La Société civile béninoise demeure un pilier central de la surveillance électorale. Pour le double scrutin du 11 janvier 2026, elle a encore œuvré comme une "gardienne du temple", dans le cadre du processus électoral. Quels sont les enjeux et défis actuels de ce rôle important ?
Pour les législatives et communales du 11 janvier dernier, la Société civile, a fait le point de ce double scrutin à travers son initiative "Salle de situation électorale". Cette initiative émane de la Plateforme électorale des organisations de la Société civile du Bénin (PEOSC). Cette dernière sous l'égide de Alexandrine Saîzonou Bédié, a déployé 1 200 observateurs électoraux sur toute l’étendue du territoire national. Avant d'observer, la Société civile a été active en matière de surveillance proactive.
En effet, pour les élections générales de 2026, cette Plateforme, a inculqué des fondamentaux aux formateurs-superviseurs dès décembre 2025 pour assurer un dispositif national d'observation rigoureux.
SITUATION DE SENTINELLE
Mieux, la PEOSC a contribué au dialogue institutionnel avec la Commission électorale nationale autonome (Cena).
En outre, cette contribution des organisations de la société civile permet de garantir l'inclusion du processus et de lutter contre la désinformation En effet, l'un des défis majeurs pour les OSC est de contrer le flot de fausses informations qui saturent l'opinion publique. Au-delà des enjeux, il y a des défis. En effet, malgré son rôle crucial, la société civile fait face à des obstacles persistants. Il s'agit par exemple du regard gouvernemental suite à certains constats relatifs à l'observation des élections. On a encore en mémoire ce qui s'est passé en 2021 lors de la présidentielle d'alors après l'annonce du taux de participation.
Après cette situation en matière de capacité d'alerte des observateurs citoyens en 2021, il fallait retrouver la confiance pour la crédibilité des scrutins généraux en 2026. Ce "stress test"pour la démocratie en 2021 est derrière nous, car pour 2026, la confiance des institutions est revenue.
Mieux, en attendant le taux de participation des scrutins du 11 janvier 2026, à connaître, la méfiance des populations qui croient que les élections ne sont que des "paravents", dégringole en dépit de l'exclusion du parti "Les Démocrates" aux communales.
La Société civile béninoise doit tenir à faire ses observations selon les normes internationales. Pour cela, il est important de poursuivre la coordination avec les instances internationales comme l'Union européenne, l'Union africaine, la CEDEAO pour harmoniser les standards d'observation.
Aussi, s'agit-il de mieux cerner les phases post-électorales et d'assurer la centralisation transparente des résultats.
En somme, si la société reste la "sentinelle" de la démocratie au Bénin, son efficacité en 2026 dépend de sa capacité à innover techniquement et à maintenir son indépendance face aux pressions politiques.
L'Afrique en marche du 12 janvier 2026 No 1089


