L'Éditorial de Murielle MENSAH


Au regard de la réforme du système partisan, il n'y a plus de doute. Le prochain locataire de la Marina sera soit le dauphin de Talon ou le candidat de Boni Yayi. Ceux qui en dépit de cette réforme, souhaitaient une 3 ème voie, ont-ils définitivement échoué?

« Montrons à Talon et à  Yayi qu'une 3 ème voie est possible», martelaient les chantres de certaines organisations de masse comme le Front souverain après la présidentielle de 2021.

Dans leur charité politique, ils ont cru qu'on pourrait changer la perspective d'une nouvelle confrontation entre Yayi et Talon par le biais du dauphin ou du candidat de l'opposition.

Dans leur vision, les chantres de la 3 ème voie ont brandi leur capacité à se réinventer, à retrouver le chemin de la confiance citoyenne.

Ils ont professé être de véritables intermédiaires entre le peuple et le pouvoir, au comble des enjeux majeurs pour l'avenir de notre démocratie.


OPTION COMPLEXE...

Avec l'affiche qui s'annonce pour 2026, force est de constater que la 3 ème est loin d'être une réalité. Au regard du duel mouvance et parti "Les Démocrates" en perspective, la 3 ème voie n'était-elle pas un rêve de trop ? 

Force est de reconnaître que la 3 ème voie est un fertile terreau où germent les idées et les aspirations collectives. 

À la croisée des chemins, à la lumière de la réalité du terrain, leur pertinence questionnait déjà et donnait l'impression d'être un acte qui ne pouvait impulser l'avenir de la Nation dès 2026, et ce pour plusieurs raisons.

D'abord, le système partisan a quadrillé avec force, l'engagement collectif. En effet, cette réforme fait des partis, les lieux privilégiés de l'élaboration politique et de la participation démocratique. Dès lors, pour la présidentielle de 2026, la 3 ème voie ne pouvait ressembler qu'à une logique chimérique.

Ensuite, au-delà du cadre légal qui ne lui donne aucune chance de prospérer, il y a le défi philosophique qui fait de la 3ème voie, un axe loin  de l'âme intrinsèquement liée à la pulsation de notre démocratie.


... CEPENDANT CAPACITÉ DE NUISANCE

À la veille de 2026, malgré cet échec d'avoir pu réussir à "fragiliser" ou contourner le système partisan, quel rôle peut encore jouer la 3 ème voie lors de la prochaine présidentielle?

Une chose est certaine, même en échec, les tenants de la 3 ème voie ne seront pas de simples observateurs inertes. 

Comme une force agissante, comme une sorte de catalyseur de l'expression du suffrage, elle peut développer une capacité de nuisance contre les deux candidats à l'affiche.

Sans avoir un candidat pour participer au rite démocratique qui renouvelle la légitimité du pouvoir en 2026, leur activisme contre les deux supers favoris pour 2026 pourrait être une autre constance.

Le dauphin de Talon ou le candidat de Yayi auront du grain à moudre face eux. 


lafriqueenmarche du 11 septembre 2025 No 1001