Les conspirations pour renverser Ibrahim Traoré se multiplient au Burkina. Peut-on renverser l'homme fort de Ouaga? Voici la réponse de l'un de ses instructeurs, un  ressortissant ouest africain déjà admis à faire valoir ses droits à la retraite.

« Chaque fois qu'on parle de tentative de coup d'État au Burkina, je ris. J'ai connu Ibrahim Traoré en amphi où il a participé à plusieurs opérations militaires à l’international notamment dans le cadre des opérations de maintien de la paix des Nations-Unies...», dit-il pour planter le décor. 

Notre interlocuteur poursuit : « J'ai également croisé Ibrahim Traoré lors de plusieurs stages de formation et de perfectionnement à l’étranger...».

« Ses camarades de promotion seront d'avis qu'il était déjà un stratège lors de ses différentes formations militaires.», insiste encore cet ex officier supérieur.


DIFFICILE DE SURPRENDRE CET AGUERRI...

« Même s'il y a une différence entre les cours, le terrain et le pouvoir, Ibrahim Traoré sait anticiper. Dans son parcours, il ne négligeait le moindre détail pour ne pas être surpris...», dit-il encore. 

«Pour renverser Ibrahim Traoré, les conjurés doivent être plus sublimes dans leur orchestration. Pour surprendre ce jeune  sahélien très intelligent et très redoutable après ses formations, ils doivent se lever tôt.», fait savoir pour conclure ce militaire de carrière.

Son éclairage intervient quelques jours après une nouvelle tentative de coup d'État. Des officiers ont été arrêtés et déjà remplacés pour avoir tenté de renverser le pouvoir de Ibrahim Traoré. 

Après l'échec de ce coup, il y a eu l'arrestation d'au moins deux officiers présumés auteurs de tentative de coup d'État 

Parmi les présumés conspirateurs officiers arrêtés, il y a le capitaine Elysée Tassembedo, surnommé "le libérateur de Sebba", commandant du Groupement des forces de sécurisation du secteur nord basé à Ouahigouya.

Selon des sources crédibles, il aurait été interpellé alors qu’il était à Ouagadougou pour une réunion à l'état-major.

Outre le capitaine Tassembedo, on cite également le magistrat commandant, Frédéric Ouédraogo, ex-commandant du bataillon de la Justice militaire, également présumé.

Selon des sources sécuritaires, celui-ci était en train d'enquêter sur la mort par balle en octobre 2023, du commandant Ismaël Touhogobou, qui était soupçonné d'être en lien avec une tentative de coup d'État. 

À l'époque, le procureur militaire avait avancé que :« l'interpellation aurait mal tourné.». 

À ces officiers, les mêmes sources créditent que d'anciens officiers qui ont été radiés de l'armée de même que des militaires en exil seraient aussi en lien avec cette tentative de coup d'État.

Face à la situation, Ibrahim Traoré, l'homme fort de Ouaga a dans la foulée remplacé à leur poste, les présumés mis en cause. 

Peut-on renverser Ibrahim Traoré qui a de la baraka et de l'expertise à revendre ? 


Salifou DIAGNE 


lafriqueenmarche du 18 mai 2025 No 907