La Chine, depuis le 9 juin dernier, a décidé d'ouvrir son marché au secteur noix d'acajou africain. Et si on profitait de cette décision chinoise pour  mettait en exergue les reliefs de ce secteur au Bénin ? 

Cette décision chinoise intervient après le 1er mai 2026, où la Chine imprime depuis lors, une politique commerciale à l'égard de l'Afrique avec la suppression des tarifs douaniers. 

Ce qui a permis un vaste plan d'exonération douanière globale et d'harmonisation au profit de 53 pays africains sur 54. Seul pays exclu étant l'Eswatini en raison de ses liens diplomatiques avec Taïwan). 

En éliminant les barrières bureaucratiques traditionnelles et les négociations bilatérales pays par pays pour l’accès au marché chinois, le gouvernement chinois par le biais de l'Administration générale des douanes (AGD) de Chine, tous les pays producteurs africains d'acajou y compris le Bénin peuvent désormais exporter directement, en Chine dès lors qu'ils respectent les critères  standards.

L'ACAJOU BÉNINOIS À L'HONNEUR 

Parmi les principaux pays africains producteurs d'acajou, il urge de mettre en exergue les reliefs de la production de noix d'acajou du Bénin.

En Afrique, le Bénin a une production pas moindre et occupe un bon rang. En effet, la production nationale se situe autour de 215 809 tonnes de noix de cajou brutes en 2024. Ce produit a des projections officielles pouvant atteindre les 225 000 tonnes en 2026. 

En Afrique, le Bénin occupe le 4ème rang africain selon les données récentes de la Banque Mondiale.

Parmi les autres principaux producteurs africains de noix de cajou, les leaders qui devancent le Bénin sont la Côte d'Ivoire (Leader incontesté en Afrique et dans le monde avec plus de 1,2 million de tonnes). On a ensuite le Nigeria et la Guinée-Bissau. Cependant, le Bénin devance la Tanzanie et le Ghana.

Le Bénin compte environ 250 000 producteurs de cajou répartis sur tout le territoire, dont près de 8,57 % sont des femmes.

SECTEUR ACAJOU BÉNINOIS ET CONTRIBUTION AU PIB

La noix de cajou représente le 2ème produit agricole d'exportation du Bénin juste après le coton.

Apport à l'économie, ce secteur fournit à lui seul, 25 % des revenus de l'agriculture d'exportation du pays. 

De plus, l'interdiction d'exporter les noix brutes au profit d'une transformation locale au sein de la Zone Industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ) a permis de multiplier par deux, les volumes d'amandes transformées. Ce qui  augmente la valeur captée par l'économie nationale.

La filière anacarde contribue à hauteur de 1,3 % au Produit Intérieur Brut (PIB) national global, et représente environ 3 % du Produit national brut (PNB).

LES GRANDS ACTEURS NATIONAUX ET INTERNATIONAUX DU SECTEUR AU BÉNIN 

Suite aux récentes réformes du gouvernement béninois, l'exportation brute est strictement réglementée pour prioriser la transformation locale au sein de la Zone Industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ). 

Par conséquent, les acteurs majeurs n'exportent plus de noix brutes, mais des amandes de cajou prêtes à la consommation.

Les grandes sociétés engagées dans l'exportation du cajou béninois vers le marché chinois, on a des Sociétés béninoises (ou basées au Bénin) spécialisées dans l'exportation. 

Ces structures se chargent de la collecte, de la transformation industrielle de pointe ou de l'acheminement des amandes de cajou. 

Ainsi, on peut citer Bénin Cashew SA. Cette entreprise agro-industrielle majeure est soutenue par la Banque d'Investissement et de Développement de la CEDEAO (BIDC) pour maximiser la transformation nationale.

On a également Bénin Cajou Group. C'est un groupement d'exportateurs structuré qui fournit des amandes décortiquées de qualité premium vers plusieurs destinations internationales dont l'Asie.

Il faut également mettre en exergue Donga Trésor. Située à Djougou, cette importante usine de transformation expédie près de 90 % de ses produits finis vers les marchés asiatiques et européens.

Notons que les opérations d'exportation formelles nécessitent un agrément spécifique délivré par la Direction du commerce intérieur du Bénin.

On a également des Sociétés chinoises (ou co-entreprises) leaders du secteur.

Grâce à la simplification des formalités douanières et l'accès en franchise de douane accordé par la Chine aux produits agricoles béninois, les acteurs chinois s'intègrent directement à la production locale. 

SINO-BÉNIN NOIX, UN ACTEUR IMPORTANT 

Parmi les acteurs étrangers, on a Sino-Bénin Noix de Cajou. Il s'agit du plus grand projet sino-béninois intégré au sein de la GDIZ. 

Avec un investissement de 10 milliards de FCFA, cette usine traite à elle seule près de 10 % de la production nationale d'anacarde du Bénin pour approvisionner directement les circuits de distribution en Chine.

On a d'autres groupes de négoce et grossistes import-export chinois. Ce sont de grandes centrales d'achat de produits agricoles basées en Chine qui  collaborent avec des filiales locales au Bénin pour sécuriser d'importants volumes de cargaisons sous contrats d'expédition.

La décision chinoise ouvre des perspectives à la filière cajou au Bénin. 

En effet, cette décision permet un accès direct et simplifié au plus grand marché mondial. 

Mieux, cette décision met fin aux goulots d’étranglement. Auparavant, seuls de rares pays africains disposaient d’autorisations  spécifiques pour la Chine pouvaient exporter l'acajou.

Cette universalisation des règles offre un "canal vert" accéléré aux exportateurs béninois.

Cette décision est un atout à la filière locale béninoise, filière qui bénéficiera d'une augmentation de revenus pour les producteurs. Rappelons que le Bénin compte plus de 250 000 producteurs de cajou.

La demande massive de la Chine va soutenir les prix d'achat au kilogramme sur le marché local.

Nourou TIDJANI 

L’Afrique en marche  du 25 juin 2026 No 1211