Via de faux investissements, de nombreux Africains sont émotionnellement approchés avant d'être dépouillés par des escrocs depuis la Chine.
Les Africains sont de plus en plus victimes de l'arnaque au "Pig Butchering" (ou Sha Zhu Pan). C'est une fraude hybride mêlant manipulation sentimentale et faux investissements en cryptomonnaies.
Cette technique, initialement originaire de Chine, s'est propagée sur le continent africain de deux manières. D'abord, par le ciblage direct de victimes locales et par l'installation de centres d'appels frauduleux gérés par des syndicats criminels internationaux. Les rapports récents d'organisations comme Interpol et l'ONUDC (Office des Nations Unies contre la drogue et le crime) identifient plusieurs pays où ces réseaux sont actifs ou où des victimes ont été signalées.
À L'APPEL DIGITAL
On peut citer l'Afrique du Sud. Dans ce pays, on a une augmentation massive des cas a été notée, notamment via l'utilisation de deepfakes par IA pour renforcer la manipulation. Cette tendance est très forte avant la Saint-Valentin.
Au Nigeria, ce pays est à la fois une sorte d'épicentre pour certains escrocs locaux ayant adopté ces méthodes pour leur propre compte pour des réseaux internationaux.
Au Ghana également, les indicateurs techniques montrent que des attaques de "Pig Butchering" émanent désormais de ce pays, avec des alertes émises par l'ambassade des États-Unis.
En Angola et en Namibie, des centres d'escroquerie liés à des réseaux chinois y ont été démantelés. En Namibie, 88 personnes ont été secourues d'un tel centre en 2024.
En Zambie, des ressortissants chinois y ont été condamnés pour leur implication dans la gestion de centres d'arnaques locaux.
DOUBLE STATUT DE VICTIMES
L'Afrique occupe une position particulière dans ce système criminel.
Il y a des victimes financières. Ce sont des cadres, retraités ou épargnants africains qui perdent leurs économies sur de fausses plateformes d'investissement après des mois de "mise en confiance".
Il y a ensuite, les victimes de la traite humaine. De plus en plus de jeunes Africains (notamment du Maghreb et d'Afrique anglophone) sont recrutés sous de faux prétextes d'emploi, puis séquestrés dans des centres en Asie du Sud-Est (Birmanie, Cambodge) pour forcer d'autres personnes à travers le monde à investir.
Djamiou ISSIAKOU
L'Afrique en marche du 27 mars 2026 No 1146


