Le président ivoirien, Alassane Ouattara, sera-t-il candidat pour un 4 ème mandat ou pas? Mais en attendant sa réponse, il a marqué les consciences ces derniers temps en frappant trois coups impardonnables.
Dossier blocage du Burkina à la tête de l'UEMOA, arrestation du député malien de transition, Mamadou Gassama sans oublier l'interpellation et l'extradition du journaliste béninois, Hugues Sossoukpè d'Abidjan à Cotonou.
Commençons par le blocage à l'UEMOA. Le Burkina accuse Alassane Ouattara d'avoir manœuvré pour bloquer la présidence tournante de l'UEMOA qui devrait incomber à son ministre des Finances.
Depuis lors, l'institution est en panne du fait de la solidarité des autres membres de l'AES que sont le Niger et le Mali.
Derrière toutes ces contingences liées à l'UEMOA, de nombreuses voix soupçonnent Alassane Ouattara d'être actif au profit d'une main invisible, en occurrence celle de Paris.
...PARLEMENTAIRE MALIEN AUX ARRÊTS
L'autre dossier où Alassane Ouattara n'a pas fait dans la dentelle pour frapper, c'est celui de Mamadou Gassama, membre influent du Conseil national de transition (CNT) au Mali.
Il a été interpellé à Abidjan, dans l’après-midi du 2 juillet dernier par des éléments des forces de sécurité ivoiriennes. Mamadou Gassama était en visite privée dans la capitale ivoirienne quand son interpellation a eu lieu.
Selon les sources maliennes et ivoiriennes concordantes, il y était, car en route pour Séguéla, dans le Nord-Ouest ivoirien, afin d’assister à des obsèques familiales.
Arrêté, il a été placé sous mandat de dépôt à Abidjan. Jusqu’à présent, ni la Côte d’Ivoire ni le Mali n’ont émis de communiqué officiel relativement à ce dossier.
Toutefois, des sources diplomatiques maliennes indiquent que Bamako se dit « indigné » et réclame la libération immédiate de son parlementaire, accusé d'avoir été auteur d' : « Outrage, incitation à la haine et à la déstabilisation des institutions ».
Tout ceci serait en lien avec les déclarations publiques du Malien, notamment contre le président Ouattara, relayées sur les réseaux sociaux, il y a quelques années.
ET VINT LE DOSSIER "SOSSOUKPÈ"...
Le jeudi 10 juillet dernier, en moins d'une semaine après l'arrestation du député malien, le régime Ouattara a autorisé le kidnapping du célèbre journaliste béninois Comlan Hugues Sossoukpè.
Il était à Abidjan, pourtant invité par le gouvernement ivoirien par le biais du ministère du Numérique. À la grande surprise de tous, le droit d'asile de Hugues Sossoukpè a été piétiné et son extradition extrajudiciaire a eu lieu sans coup férir au Bénin.
Et pourtant, Sossoukpè voyageait librement depuis des années sans que le mandat d'arrêt n'ait jamais été divulgué.
Aux décomptes de ces trois dossiers, surtout celui relatif à la rotation prévue à l'UEMOA, Alassane Ouattara ne jette-t-il pas une ombre sur sa crédibilité et l’instrumentalisation des institutions régionales par des puissances extérieures?
Mieux, en arrêtant un député malien et en extradant un journaliste béninois, Alassane Ouattara, ne laisse-t-il pas encore, une tâche noire sans relâche pour torpiller les âmes comme des esclaves enlacés?
Aux urnes prochainement, que la Côte d'ivoire lui montre la route du saint repos après 15 ans de pouvoir d'une main de fer.
Le salut proclame, qu'en politique, loin du vrai bonheur, même si tout est permis, tout ne doit pas être profitable.
Salifou DIAGNE
lafriqueenmarche du 27 juillet 2025 No 963

