L'Editorial de Murielle MENSAH
Le président du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, était à Cotonou et reçu par Patrice Talon. Entre autres sujets, il y a la crise de confiance née à l'UEMOA entre la Côte d'Ivoire et le Burkina et l'annonce de médiation. Faye et Talon peuvent-ils réussir cette mission de conciliation entre Ouattara et Traoré ?
Le refus catégorique du Burkina de participer aux réunions périodiques des ministres des Finances de l’UEMOA en présence du ministre français de l’Économie et des Finances serait à la base de la colère du président ivoirien, Alassane Ouattara.
À Ouaga, on dit sans ambages que leur geste de souveraineté, aurait irrité Paris. Pour le Burkina, la France a actionné ses relais dans la sous-région pour bloquer la rotation prévue par les textes.
Selon le pays des Hommes intègres, empêcher leur ministre des Finances de prendre les rênes de l'institution est une violation manifeste de l’article 11 des statuts de l’UEMOA, article qui encadre l’organisation et le fonctionnement de la présidence du Conseil des ministres.
C'est au regard de cette crise de confiance que les présidents sénégalais et béninois, ont décidé d'être médiateurs. Peuvent-ils démêler l'écheveau et sortir l'UEMOA de l'impasse?
Patrice Talon est en fin de mandat. Avec cette qualité, il peut faire bouger les lignes. Souvent, en fin de mandat, les pairs, en guise de reconnaissance, permettent à leurs homologues/ médiateurs de ne pas embraser les feux pour rien.
Mieux, entre Patrice Talon et Alassane Ouattara, il y a une douce efficacité et même une capacité d'écoute entre les deux personnalités. De manière réciproque, Ouattara ne sait pas dire « NON » à Patrice Talon. Et le Béninois ne peut rien refuser à l'ivoirien.
MÉDITATION : POSSIBLE, MAIS...
Le 1er des Béninois en outre, peut bien surfer sur le capital/sympathie du Sénégalais très apprécié aussi bien à Abidjan qu'à Ouaga.
N'oublions pas en outre, l'entente cordiale entre Patrice Talon et Emmanuel Macron, dont le parapluie plane également sur ce dossier de brouille entre Ouaga et Abidjan.
En dépit des espoirs, il y a cependant la réalité du terrain qui pourrait empêcher de goûter aux bienfaits de la réussite à la Mandela, l'ex président sud-africain.
En effet, Patrice Talon pourrait faire face au refus du Burkina, surtout dans ses bons droits. Le Burkina pourrait ne pas accepter, car le pays des Hommes intègres n'a commis aucun péché d'Israël, ni aucun esprit qui recule.
En effet, pour le régime de Ibrahim Traoré, rien ne doit contrarier les dispositions légales de l'institution selon l'article 11 qui formate la présidence rotative, un article qui profite d'un même amour et qui unit les huit pays membres de l'UEMOA.
Alors comment accepter que ce pays, le Burkina accepte la montée de l'encens comme lors d'une messe de requiem ?
Le Burkina n'est pas rebelle à la loi, il ne peut donc accepter d'être un pays racheté
Et face au Burkina, il faut craindre que Ouattara n'accepte lui aussi les douces gratuités, lui qui fait un "travail de salubrité" au profit de la France, et ce contre la logique de souveraineté du Burkina. Suivez notre regard.
La médiation Talon-Faye a de magnifiques bontés. Cependant, il faut craindre que le Burkina qui tient aux textes, rejette d'être à la table du pardon et de la charité.
lafriqueenmarche du 21 juillet 2021 No 957

