L'Editorial de Titus FOLLY 


Le ministre Paulin Akponna a opté pour l'artillerie lourde. Dans une verve impeccable comme un magistrat à charge, sa symphonie verbale a glouglouté comme de l'eau du robinet. Si beaucoup de Béninois ont applaudi au nom d'efforts consentis pour le développement, sa campagne de salubrité avec jet d'eau ne manque-t-elle pas de convenances? Analyse dans l'exercice de ce jour.

Au nom de la bonne gouvernance, on devrait applaudir le courage et sa volonté de transparence de l'ex ministre Paulin Akponna. 

Dire à mots couverts qu'on a siphonné des milliards du budget de l’État et traiter certains gestionnaires du secteur de : «délinquants de la République », «commerçants politiques» et autres « aventuriers à ambitions démesurées », on devrait l'inscrire au Panthéon de la lutte contre la corruption.


DÉMARCHE MALADROITE...

Malheureusement, l'ex ministre ne sera pas canonisé, car un ministre ne doit pas tenir  de tels propos.

La preuve, après sa sortie fracassante, il n'a pu fermer son robinet de révélations, malgré le service de dépannage.

Au mépris du respect de la présomption d'innocence, l'ex ministre n’a même pas cru devoir adresser le moindre rapport au gouvernement, faisant état de malversations qu’il aurait découvertes depuis sa prise de service.


...BR : SERVICE MINIMUM

Et vint le communiqué attentiste comme un cerf-volant de la part du parti BR. En effet, l'événement s'est tout de même produit le 21 juin dernier. Plus de 72 après, il a fallu la sortie de force du mis en cause du gouvernement pour que le BEN de son parti, le BR, ne trouve la nécessité d'intervenir mollement à son encontre. 

A travers son communiqué quasi-vide, de rappel à l'ordre, le parti n'a pas été en mesure de sanctionner son membre dont la faute est si grave. Ce qui a obligé Patrice Talon de recourir à l'ultime décision de l'exclure de son équipe.

Or, il fallait bien que l'acte de limogeage soit le dernier niveau des réactions officielles sur la question. Finalement, le ministre est démis de ses fonctions... 

« Le président de la République considère que si les propos tenus par M. Akponna ne relèvent pas d’une logique de guerre de leadership politique, alors il doit être délié de toute obligation de réserve ou de solidarité gouvernementale, afin d’apporter toutes informations utiles à la justice», explique le porte-parole du gouvernement à la presse.

De nombreux Béninois voulaient que l'ex ministre Akponna soit écouté par la justice. Son limogeage est une avancée dans cette bonne direction, loin de toutes les règles de solidarité de corps et de discipline de groupe dont on connaît les pratiques rétrogrades tenaces.


DÉJÀ À L'HORIZON...

Au-delà de tout, les Béninois ne sont pas dupes. La sortie à décharge avec des sous-munitions découle de la face cachée ou visible de l'iceberg.

À la veille des législatives et communales de 2026, les leaders du septentrion ont commencé une lutte fratricide de leadership.  Entre bandes rivales du même clan, le combat a commencé pour le contrôle d'un fief tant convoité et courtisé.

Malheureusement, cette guerre pour le moment, sous les cendres, frise de l'amateurisme, qui vient donner du grain à moudre à la majorité présidentielle. 

Mais quand le camp de la "Rupture" se déchire à Parakou, d'autres jubilent, ceux qui trouvent à redire de la pertinence de la réforme du système partisan, aujourd'hui en mal de technicité en dépit de quelques innovations.

Et tous les autres présumés complices du ministre Akponna dans tout ce feuilleton de lynchage contre l'ex ministre Adambi? Ne devraient-ils pas normalement le suivre et regagner, eux-aussi, la porte?


lafriqueenmarche du 27 juin 2025 No 943