Le Code noir, promulgué en 1685, a structuré l'esclavage et l'humanité niée. Sa survivance symbolique ou juridique, n'est-elle pas comme si on a la présence continue de "Mein Kampf" de Adolf Hitler après la  2 ème Guerre mondiale ? Même si le Code noir a été abrogé par le Parlement français il y a quelques jours, ne doit-on pas déplorer l'absurdité de tolérer près de deux siècles l'oubli d'enterrer les fondements du racisme institutionnel? 

L'Ombre portée du code de la honte planait encore. En effet, c'est récemment que la France qui maintenait le Code noir ( qui a promu l'esclavage des Noirs), dans les replis de son espace juridique, culturel ou mémoriel sans l'avoir radicalement extirpé et condamné, a su se  dépasser.

Comment deux siècles après, la France des Lumières, a-t-elle pu oublier alors que "Mein Kampf" qui dictait les lois de notre humanité contemporaine contre les a été à jamais révolu dès la fin de la 2 ème Guerre mondiale ?

CODE NOIR ET MEIN KAMPF, DEUX PIPES DEUX TABACS

Le Code noir n'était pas un simple recueil de lois obsolètes. Il fut la codification méthodique de la déshumanisation, le calque juridique de l'horreur, tout comme le texte de Adolf Hitler devint le manuel de l'extermination des Juifs.

Tolérer les vestiges, les commémorations ambiguës ou les mentalités héritées de du Code noir, un texte de 1685, c'est accepter qu'une partie de notre logiciel collectif soit encore programmée par la barbarie.

On ne compose pas avec les manuels du crime contre l'humanité. On les expose dans les musées du souvenir pour que plus jamais le droit ne devienne l'arme du bourreau. 

Abroger le Code noir dans les esprits, c'est refuser qu'Hitler (pour Mein Kampf) ou Colbert ( Code noir), écrivent, même en pointillés, les pages de notre avenir commun.

Suzanne SACRAMENTO 

L'Afrique en marche du 26 juin 2026 No 1212