L’activiste panafricaniste Kémi Seba, figure influente du militantisme anti-occidental et présent sur la scène internationale depuis plusieurs années, se trouve aujourd’hui dans une situation juridique délicate. La justice béninoise a émis un mandat d’arrêt international après ses déclarations de soutien à une tentative de coup d’État au Bénin début décembre 2025, donnant lieu à une diffusion d’alerte auprès d’Interpol.
Techniquement, ce mandat est relayé par une notice rouge d’Interpol. C'est une procédure internationale de signalement qui invite les forces de police des pays membres à localiser et arrêter une personne recherchée en vue d’une extradition.
Cette notice n’est pas un « ordre d’arrestation automatique » universel, mais chaque État décide de sa mise en œuvre selon ses propres lois et priorités.
À LA GUERRE COMME À LA GUERRE...
Face à cette situation délicate, Kémi Seba a plusieurs choix.
D'ABORD, il doit éviter d’être localisé dans les pays ayant des accords d’extradition avec le Bénin
Les experts en droit international recommandent généralement aux personnes visées par une notice rouge de se tenir à l’écart des États qui entretiennent des traités d’extradition avec le pays requérant.
Beaucoup de pays d’Afrique de l’Ouest, d’Europe ou d’Amérique du Nord ont des conventions qui facilitent la remise de suspects à l’État demandeur. Dans ces juridictions, une simple présence sur le territoire peut suffire à déclencher une arrestation.
ENSUITE, Kémi Seba doit privilégier des pays où l’exécution d’une notice d’Interpol est incertaine
En effet, certains États n’appliquent pas toujours strictement les notices rouges ou peuvent refuser l’extradition si des raisons politiques ou des droits humains sont en jeu.
Par exemple, certains pays d’Afrique, d’Asie ou du Moyen-Orient ont déjà refusé des demandes d’extradition pour des motifs politiques, notamment lorsque l’accusation est perçue comme politiquement motivée. C'est un point sur lequel les défenseurs des droits humains insistent souvent.
EN OUTRE, Kémi Seba et ses avocats doivent contester la notice d’Interpol auprès des instances internationales
Interpol n’a pas « l’autorité » de juger les cas, mais il existe des mécanismes permettant à une personne visée de contester une notice rouge auprès de la Commission de contrôle des fichiers ou en invoquant une atteinte à ses droits fondamentaux.
Cela peut être fait avec l’appui d’avocats spécialisés en droit international et en droits humains, surtout si la notice est fondée sur des accusations potentiellement politiques.
EN 4 ÈME POSITION, Kémi Seba peut obtenir un statut juridique spécial ou une protection locale.
En effet, plusieurs activistes internationaux dans le passé ont tenté d’obtenir des statuts spéciaux, tels que l’asile politique ou la protection diplomatique dans un pays tiers, qui peuvent parfois rendre l’arrestation plus complexe.
Un tel statut n’est pas garanti, mais il peut offrir une certaine immunité ou au moins compliquer une éventuelle remise à un État demandeur. Kémi Seba doit savoir adapter ses voyages et ses positions publiques.
ENFIN, il peut limiter les déplacements vers des pays susceptibles d’exécuter la notice, tout en modulant ses prises de parole publiques autour des événements qui ont déclenché le mandat.
Ce qui va lui permettre de réduire les risques immédiats d’arrestation dans certaines juridictions.Pour poursuivre un activisme au prix fort.
À titre de rappel, Kémi Seba, de son vrai nom Stellio Gilles Robert Capo Chichi, est une figure polémique du panafricanisme, connu pour ses critiques virulentes contre la Françafrique et ses interventions publiques dans de nombreux pays africains.
Dernièrement, ses déclarations en soutien à une mutinerie au Bénin ont conduit la justice béninoise à lancer ce mandat d’arrêt international, une nouvelle étape dans une relation déjà marquée par plusieurs expulsions et interpellations antérieures lors de ses voyages.
Au-delà de tout, il faut souligner que son soutien à cette entreprise insurrectionnelle était une grave sortie de route de la part de Kémi Seba.
Saroukath SALIM correspondante aux USA
lafriqueenmarche du 15 décembre 2025 No 1066


