De violentes manifestations secouent la ville de Nanyuki, au centre du Kenya, où la population s'oppose fermement à la construction d’un centre de quarantaine contre le virus Ebola financé par les États-Unis.

La situation génère d'importantes tensions politiques, juridiques et sécuritaires dans le pays.

Des manifestations meurtrières à Nanyuki découlent des protestations autour de la base aérienne de Laikipia, située à Nanyuki. 

Les habitants de la région expriment leur colère face à l'installation de ce centre de 50 lits.

RÉPRESSION POLICIÈRE ET LES RAISONS DE LA COLÈRE 

Les affrontements avec les forces de l'ordre ont fait au moins trois morts parmi les manifestants. 

La Police a massivement fait usage de gaz lacrymogènes et de canons à eau.

Lors des rassemblements, certains manifestants ont défilé vêtus d'équipements de protection factices et ont transporté un cercueil marqué du mot « Ebola ».

Le Kenya ne recense actuellement aucun cas d'Ebola sur son territoire. L'épidémie actuelle (souche Bundibugyo) sévit principalement en République démocratique du Congo (RDC) et en Ouganda.

SENTIMENT DE DOUBLE STANDARD

La population et plusieurs militants dénoncent la politique de l'administration américaine. 

Washington refuse de rapatrier directement ses ressortissants exposés au virus sur le sol américain et préfère les isoler en Afrique. 

Ceci avec un risque sanitaire et économique, car les riverains craignent que l'importation de patients asymptomatiques n'introduise le virus au Kenya. 

Ils redoutent également que la réputation de la région de Laikipia ne soit gâchée, nuisant ainsi au tourisme.

BRAS DE FER ENTRE LA JUSTICE ET LE GOUVERNEMENT, MAIS PASSAGE EN FORCE DE L'EXÉCUTIF 

Ce projet met en lumière une crise institutionnelle au Kenya avec la suspension par la Haute Cour.

Saisie par des ONG et le barreau kényan, la Haute Cour du Kenya a ordonné la suspension temporaire du projet, évoquant un manque de transparence et un risque pour la « sécurité publique ».

En dépit de cette décision de justice, il faut déplorer le passage en force du gouvernement.

En effet, malgré l'injonction de la justice, le président William Ruto et son ministre de la Santé défendent activement le centre. 

Le gouvernement affirme honorer ses engagements envers un partenaire historique et met en avant une aide américaine de 13,5 millions de dollars allouée à la préparation sanitaire du Kenya. 

Les avions militaires américains ont continué d'acheminer du matériel sur la base en dépit de la décision judiciaire.

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Des manifestations violentes secouent la ville de Nanyuki, au centre du Kenya, où la population s'oppose fermement à la construction d’un centre de quarantaine contre le virus Ebola financé par les États-Unis.La situation génère d'importantes tensions politiques, juridiques et sécuritaires dans le pays.Des manifestations meurtrières à NanyukiLes protestations se concentrent autour de la base aérienne de Laikipia, située à Nanyuki. Les habitants de la région expriment leur colère face à l'installation de ce centre de 50 lits.Bilan humain lourd : Les affrontements avec les forces de l'ordre ont fait au moins trois morts parmi les manifestants. La police a massivement fait usage de gaz lacrymogènes et de canons à eau.Symboles de protestation : Lors des rassemblements, certains manifestants ont défilé vêtus d'équipements de protection factices et ont transporté un cercueil marqué du mot « Ebola ».Les raisons de la colère de la populationLe Kenya ne recense actuellement aucun cas d'Ebola sur son territoire. L'épidémie actuelle (souche Bundibugyo) sévit principalement en République démocratique du Congo (RDC) et en Ouganda.Sentiment de "double standard" : La population et plusieurs militants dénoncent la politique de l'administration américaine. Washington refuse de rapatrier directement ses ressortissants exposés au virus sur le sol américain et préfère les isoler en Afrique.Risque sanitaire et économique : Les riverains craignent que l'importation de patients asymptomatiques n'introduise le virus au Kenya. Ils redoutent également que la réputation de la région de Laikipia ne soit gâchée, nuisant ainsi au tourisme.Un bras de fer entre la justice et le gouvernementCe projet met en lumière une crise institutionnelle au Kenya :La suspension par la Haute Cour : Saisie par des ONG et le barreau kényan, la Haute Cour du Kenya a ordonné la suspension temporaire du projet, évoquant un manque de transparence et un risque pour la « sécurité publique ».Le passage en force du gouvernement : Malgré l'injonction de la justice, le président William Ruto et son ministre de la Santé défendent activement le centre. Le gouvernement affirme honorer ses engagements envers un partenaire historique et met en avant une aide américaine de 13,5 millions de dollars allouée à la préparation sanitaire du Kenya. Les avions militaires américains ont continué d'acheminer du matériel sur la base en dépit de la décision judiciaire.

L'Afrique en marche du 10 juin 2026 No 1198