L'Editorial de Titus FOLLY 


En quatre jours seulement de pontificat, Léon XIV décide de rencontrer la presse.  Invité, à l'annonce de cette conférence, j'ai eu peur pour le souverain pontife, car je me disais que c'est trop pour se faire "griller". Ne rencontre pas la presse accréditée à Rome (rompue et aguerrie) qui veut mais qui peut. Cependant, avec la copie parfaite rendue ce 12 mai par le nouveau pape, n'a-t-il pas déjoué nos pronostics pessimistes? Analyse dans l'exercice de L'Editorial du jour.

3000 journalistes étaient  présents ce 12 mai à la salle Paul VI du Vatican, à l'invitation de Léon XIV par le truchement du Bureau de presse du Vatican.

« Il faut libérer les journalistes en prison.», lance à l'entame Léon XIV comme en territoire conquis. Les couleurs étaient ainsi annoncées. Et du début jusqu'à la fin de son intervention, il a maîtrisé son sujet. 


MESSAGE MÉMORABLE...

Quand les premiers mots de l'illustre orateur ont résonné, il a fait dérouler sa trame intellectuelle de manière exceptionnelle. 

Cette date du 12 mai 2025 est déjà dans l'almanach, d'autant plus qu'elle éclairera davantage le chemin de la presse.

Dans le condensé du son texte, sa maîtrise de l'état des lieux est aussi remarquable. On retient pour la postérité que la prison ne doit être un instinct pour les forts contre les journalistes.

L' une des premières allocutions de Léon XIV porte sur la protection de la liberté de la presse et des journalistes. C'est un signe fort envoyé aux professionnels de l’information du monde entier. Et ce pour plusieurs raisons. 

D'abord, les relations entre le Saint-Siège et les journalistes, n’ont pas toujours été au beau fixe. 

Pour ma modeste expérience depuis mes premiers pas avec Benoît XVI en tant que collaborateur en communication en passant par François, Léon XIV vient de frapper un grand coup. 

Au Vatican, c'est quand le pape est dans l'avion pour ses visites pastorales que certains journalistes ont  l'occasion de l'écouter et d'échanger avec lui.

Ensuite, cette intervention remarquée de Léon XIV intervient moins de 10 jours après le dernier classement mondial de RSF.

En effet, cette conférence éclaire davantage le chemin de la presse après ce rapport de RSF qui évoque les larmes qui nous pressent entre mal et tyrannie.

Avec cette parole forte, Léon XIV déplace à coup certain comme un puissant vainqueur, le curseur l'un des principes des médias, la liberté de presse. 

En outre, cette prise de position fait de Léon XIV, un partenaire important pour les médias. 

À défaut d'avoir le soutien de l'Américain Donald Trump, du Chinois Xi Jinping, du Russe Vladimir Poutine...cette conférence de presse est salutaire et devient une boussole quand les périls nous oppressent.


... POUR FAIRE CHANGER LA PEUR

Tout ce beau monde des forts connaît les fardeaux, les labeurs, les chagrins et les pleurs de la presse. 

Mais comme leur silence en dit long, à l'horloge où la liberté de presse est à genoux, où les prisons se remplissent de journalistes, où les acteurs des médias sont tués, avec Léon XIV, on dira : « Laissez-nous apprécier le plaidoyer d'un puissant partenaire de la presse.».

Léon XIV conquérant, va-t-il répéter souvent cet exercice de conférence de presse?

La réponse est sans ambiguïté. « Nous allons   apprendre à nous connaître...», fait savoir le nouveau pape pour boucler son intervention.

C'est clair avec cette prise de position de Léon XIV qui fait des acteurs de la presse, des rachetés, une relation solide entre le Vatican et la presse peut se construire de façon apaisée avec le nouveau pontificat.

En matière d'images, Léon XIV en moins d'une semaine fait plus fort que François. Les actes de ce début de pontificat donnent ainsi raison au père Giacomo Costa, secrétaire spécial au sein de l'Assemblée du synode.

Selon lui : « On ne doit pas s'attendre à un clone du pape François ». C'était lors d'un décryptage ce lundi 12 mai sur la télévision LCI.

Les faits ne lui donnent- ils pas raison?


lafriqueenmarche du 13 mai 2025 No 903 


A l'heure des changements climatiques, je dis comme feu François : « Notre nature s'écroule.». Préservons-la donc.