Quel est le sort qui sera réservé à l'avion parti de Bissau et intercepté à Lisbonne ( Portugal), le 18 décembre 2025, avec des millions d'euros, avion dans lequel se trouveraient des proches de l'ex président Embaló dont son épouse Dinisia Reis Embaló ?
Une affaire qui imbrique politique, argent et instabilité, secoue actuellement la Guinée-Bissau et le Portugal.
En effet, les autorités portugaises, ont intercepté un avion en provenance de Bissau (capitale Bissau-guinéenne). Cet avion transportait environ cinq millions d’euros en liquide, à bord duquel se trouvait un proche du président déchu, Umaro Sissoco Embaló ainsi que son épouse, Dinisia Reis Embaló.
FAITS ET GESTES

Avion intercepté le 18 décembre 2025, à l'aéroport de Lisbonne avec cinq millions d'euros...
Quand l'avion a été intercepté, il y a eu la saisie des fonds à l’aéroport militaire de "Figo Maduro" à Lisbonne par la Police judiciaire portugaise et les autorités fiscales.
La Police portugaise, a procédé à cette opération ciblée après un renseignement anonyme concernant ce vol suspect en provenance de Guinée-Bissau.
À bord de ce jet privé, initialement déclaré comme un vol militaire à destination de Beja, les enquêteurs ont retrouvé près de cinq millions d’euros en espèces dans les bagages d’un passager identifié comme Tito Gomes Fernandes, chef du protocole de l’ex-président Embaló.
Conformément à la procédure judiciaire portugaise, l'argent en liquide, a été immédiatement saisi par les autorités de Lisbonne.
... QUEL SORT POUR L'EX PREMIÈRE DAME ?
...et dans cet avion intercepté, se trouverait, Dinisia Reis Embaló, l'épouse du président Embaló récemment déchu. La justice portugaise doit parvenir à établir ou non si elle est impliquée dans ce transfert illégal de fonds.
La Police judiciaire portugaise, a mis en examen Dinisia Reis Embaló, épouse de l’ancien président bissau-guinéen déchu, pour des faits présumés de contrebande et de blanchiment d’argent liés à cette affaire.
Il ne pouvait en être autrement, car elle se trouvait à bord du même avion.
Les autorités portugaises cherchent actuellement à déterminer la provenance exacte des fonds, leur destination réelle (probablement Dubai selon certaines sources), et si ces transferts s’inscrivent dans un cadre de transactions licites ou illégales.
Cette affaire survient dans un climat de profonde instabilité politique en Guinée-Bissau.
En effet, le 26 novembre 2025, des officiers militaires ont renversé Umaro Sissoco Embaló, actuellement exilé au Congo-Brazzaville pares escale à Dakar. À cette étape des évènements, la communauté internationale et nationale étaient dans l'attente des résultats provisoires des élections générales. Ce coup d’État a été suivi par la mise en place d’une Transition dirigée par un haut commandement militaire.
Embalo, qui avait été élu président après des élections disputées, a quitté le pays peu après. Ce contexte de crise politique renforce les interrogations autour des transferts de fonds importants hors du pays à ce moment-là.
CONTEXTE POLITIQUE ET IMPLICATIONS JURIDIQUES ET DIPLOMATIQUES
Du point de vue judiciaire, les autorités portugaises, ont ouvert une enquête approfondie pour contrebande, blanchiment d’argent et violations potentielles des règles de contrôle des capitaux.
Ce qui pourrait conduire à des poursuites si des preuves concrètes sont établies lors de l’instruction.
En effet, pour le moment, rien ne prouve que l'épouse du président renversé, Dinisia Reis Embaló, présente dans l'avion intercepté serait impliquée.
Alors que la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’Union africaine, ont condamné sans équivoque les changements anticonstitutionnels en Guinée-Bissau et exigé le rétablissement de l’ordre démocratique, cette affaire d'avion intercepté à Lisbonne pourrait renforcer les appels à une surveillance rigoureuse des flux financiers liés à l’élite politique bissau-guinéenne.
Politiquement, cette affaire risque d’ajouter une dimension internationale à la crise bissau-guinéenne, surtout si éventuellement, des preuves juridiques tangibles étaient de nature à démontrer l'implication des uns et des autres.
Dans ces conditions, il revient à la justice portugaise sur la base de ces "forts soupçons" de transfert illicite de fonds importants hors du pays en pleine période de transition, de situer la communauté internationale et nationale sur les tenants et aboutissants de ce dossier.
Iresta SILVA correspondance particulière depuis le Portugal
L'Afrique en marche du 16 février 2026 No 1117


