Grâce à sa discipline, le droit constitutionnel,  Albert Bourgi a été un bâtisseur de ponts entre les continents, surtout entre l'Afrique et l'Europe. Après sa mort, nous tenons à rendre hommage à l'un des meilleurs architectes du droit constitutionnel sur le plan mondial. Albert Bourgi est décédé ce 7 janvier 2026 en France à l’âge de 80 ans. C’est avec une profonde émotion que le monde juridique et intellectuel, a appris sa disparition. Ci-devant professeur agrégé de droit public, il a été pendant près de 50 ans, un spécialiste du droit constitutionnel et des relations internationales.

Né le 4 avril 1945 à Dakar, Albert Bourgi laisse derrière lui, un héritage intellectuel riche. En effet, en tant qu’universitaire, il a formé des générations de juristes. En tant que penseur politique, il a contribué au débat sur l’État de droit, de la démocratie et des relations entre l’Europe et l’Afrique. 

UN PILIER CONTRE...

Albert Bourgi est un géant du droit constitutionnel. Il s’était imposé comme une voix autorisée dans l’analyse des Constitutions, notamment en Afrique francophone. Par rapport à de nombreux pays africains, il a souvent souligné l’importance d’un État de droit fort et indépendant. 

Parmi ses contributions majeures, figure une étude reconnue sur l’évolution du constitutionnalisme en Afrique, publiée dans la Revue française de droit constitutionnel, une réflexion qui explore de façon profonde, les enjeux institutionnels sur le continent africain.

En France, il enseignait principalement à l’Université de Reims, où il dirigeait des programmes de Master centrés sur les systèmes politiques, l’administration publique et les enjeux du droit constitutionnel dans le contexte global.  Sa pédagogie alliait rigueur académique et engagement civique. Il fut un intellectuel engagé et médiateur politique.

Au‑delà de la salle de cours, Bourgi s’était fait connaître par ses chroniques incisives dans la presse et ses interventions à la radio et à la télévision. Il s’est souvent positionné en défenseur de la démocratie, de la justice sociale et de l’indépendance des institutions constitutionnelles. 

Il ne loupait aucune occasion quand il s'agissait de critiquer les dérives autoritaires et les tentatives de contournement des normes juridiques dans certains pays africains. 

Son approche, à la fois juridique et politique, lui a valu le respect des universitaires et des acteurs de la société civile. 

Il avait l’art de rendre accessibles des concepts complexes du droit constitutionnel, tout en soulignant leur importance pour la préservation des libertés fondamentales.

Le droit constitutionnel international vient de perdre l'un de ses meilleurs spécialistes, en occurrence Albert Bourgi.

...LE MARASME DU DROIT CONSTITUTIONNEL 

Albert Bourgi a été un bâtisseur de ponts entre les continents. Ce n’est pas seulement en tant que professeur que Bourgi est pleuré, mais aussi comme un penseur et médiateur culturel. 

Ses travaux et son engagement, ont souvent porté sur le renforcement des liens intellectuels entre l’Afrique et l’Europe, en particulier dans le domaine des institutions démocratiques et de la justice constitutionnelle. Il a été décrit par ses pairs comme un "bâtisseur de ponts", capable de lier rigueur scientifique et dialogue politique. 

Ses contributions ont éclairé des débats cruciaux sur la gouvernance, la légitimité des constitutions et la nécessité d’un juste équilibre entre pouvoirs publics. 

Albert Bourgi a été une figure importante. Ce n' est pas pour rien que la nouvelle de sa mort, a  suscité une onde de choc dans les communautés académiques et juridiques en France, en Afrique et au‑delà. 

Ses anciens étudiants, collègues et lecteurs saluent sa générosité intellectuelle et humaine, ainsi que sa capacité à guider les débats sur des sujets importants pour l’avenir des démocraties. 

Des cèdres de l'orient où il se trouve désormais, que les réflexions de Albert Bourgi demeurent 

des trésors éternels afin de permettre à nombre d'Africains de continuer par dépasser leurs  incapacités pour 

de nouveaux horizons.

Albert Bourgi a illuminé les pas des Africains de sa gloire qui nous remplissait en matière de droit constitutionnel.

Ce n'est pas exagéré de saluer ses écluses comme celles célestes, qui nous submergeait comme les flots pour 

fait tomber les murs de Jéricho de l'arbitraire. Il a servi le droit constitutionnel en vantant avec bonheur, la liberté et ses réflexions loin d'être des fardeaux, ont été une sorte de labeur, qu'il faisait concourir sans chagrin et pleurs.

Que le vaste et riche  héritage qu'il laisse au profit de la beauté du droit constitutionnel demeure à jamais. 

Titus FOLLY 

L'Afrique en marche du 12 janvier 2026 No 1089