La Chronique internationale de Salifou DIAGNE

Le 1er ministre marocain, Aziz Akhannouch comprend très bien français. Dès lors, devrait-il choisir de s'exprimer en arabe en présence de son homologue sénégalais, Ousmane Sonko, qui ne maîtrise pas cette langue surtout dans un contexte électrique après la finale chaotique de la Can Maroc 2025 ? 

Ousmane Sonko, le 1er ministre sénégalais est actuellement au Maroc dans le cadre de la Commission mixte entre les deux pays. Mieux, il est là pour apaiser la tension entre les supporters des deux pays après la finale surréaliste de la Can. 

Mais à la phase protocolaire des discours officiels, le 1er ministre marocain, Aziz Akhannouch, qui comprend très bien français comme Ousmane Sonko, a préféré délivrer son discours en arabe, une langue que Sonko ne maîtrise pas bien. Dès lors, les esprits encore surchauffés depuis cette finale, parlent de discours de sourds, de coup-monté et de douche froide pour Ousmane Sonko. Ceux qui ont cette analyse, ont-ils raison? 

DÉMINAGE EN DÉPIT DE TOUT 

Chacun voit midi à sa porte que l'on se retrouve à Dakar ou à Rabat. 

Dans les villes marocaines, l'usage de la langue arabe par le premier ministre marocain, Aziz Akhannouch, n'est pas un coup monté. 

En effet, la langue arabe est la langue officielle du Maroc, même si le français est une langue de travail. Pour cela, le chef du gouvernement n'a rien fait de mal s'il choisit de s'exprimer en arabe. En effet, les responsables marocains s'expriment en arabe (langue officielle) lors de cérémonies protocolaires. Et quand c'est le cas, un service de traduction est systématiquement prévu pour les hôtes francophones. 

Ensuite, dans le discours du premier ministre marocain, la réconciliation a été de mise. Et c'est l'essentiel.

« NON », dit-on à Dakar. Le chef de gouvernement marocain, qui comprend très bien français, en choisissant de s'exprimer en arabe, a un agenda caché, car il y a des subtilités de langue que son homologue sénégalais ne maîtrise pas.

Pour les Sénégalais, alors que Ousmane Sonko insistait que : « L'amitié entre les deux pays est plus forte que les émotions sportives. », son homologue a préféré une langue qui ne maîtrise pas.

L'histoire retiendra que Ousmane Sonko a prononcé un discours jugé fort et poignant par les observateurs. 

Ce voyage du 1er ministre du Sénégal n'était pas seulement pour l'apaisement, mais pour la refondation du lien historique entre les deux Nations, se félicitent des Sénégalais. 

AU-DELÀ DES ÉMOTIONS SPORTIVES, PLACE À LA COOPÉRATION 

En dépit de cette interprétation, la rencontre relative à la Commission mixte, a abouti à la signature de 17 accords de coopération dans des secteurs variés comme l'enseignement supérieur, l'économie numérique et les infrastructures. C'est l'essentiel. Question de la langue ou pas, que la tension sportive retombe après cette 15 ème session de la Grande Commission mixte de coopération sénégalo-marocaine, une première depuis 2013.

L'Afrique en marche du 28 janvier 2026 No 1104