Le chef des mutins du 7 décembre, Pascal  Tigri se serait réfugié au Togo après l'échec de son initiative de déstabilisation des institutions de la République. Quelle coopération diplomatique et judiciaire entre les deux pays pour l'extradition du chef des mutins, Pascal Tigri ? Le pouvoir de Patrice Talon peut-il compter sur celui de Faure Gnassingbé?  

Quelle coopération judiciaire et diplomatique peut-on envisager entre le Togo et le Bénin en ce qui concerne le dossier sensible de Pascal Tigri réfugié au Togo? 

La présence présumée de Pascal Tigri sur le sol togolais pose désormais la question de la coopération judiciaire et diplomatique entre Cotonou et Lomé pour un accord de principe afin d'envisager l'extradition de Pascal Tigri.

Avec la présence de Pascal Tigri au Togo, le Bénin pourrait engager une demande officielle d’extradition, conformément aux accords bilatéraux et aux mécanismes régionaux de la CEDEAO.


TEST MAJEUR POUR LES DEUX PAYS...

Du côté togolais, aucune déclaration officielle n’a encore été faite concernant la situation du militaire béninois recherché. 

Les observateurs avisés estiment toutefois que ce dossier sensible sera traité avec prudence afin d’éviter toute tension diplomatique entre les deux pays.

Les autorités judiciaires rappellent que Pascal Tigri bénéficie, comme toute personne mise en cause, de la présomption d’innocence, mais soulignent que sa fuite renforce la détermination de l’État à faire toute la lumière sur les événements.

Après l’échec de la tentative de coup d’État qui a récemment ébranlé le Bénin, l’attention se focalise désormais sur le principal suspect désigné par les autorités béninoises : Pascal Tigri officier supérieur de l’armée, présenté comme l’auteur présumé de l’opération.

Selon plusieurs sources sécuritaires, celui-ci aurait trouvé refuge au Togo, pays voisin, relançant un débat central. Le régime du président Patrice Talon peut-il compter sur la coopération du pouvoir togolais de Faure Gnassingbé pour obtenir son extradition ?

La fuite présumée de Pascal Tigri vers le Togo complique la gestion judiciaire du dossier. Si les autorités béninoises affirment disposer d’éléments sérieux mettant en cause l’officier, sa présence hors du territoire national, oblige désormais Cotonou à activer les mécanismes de coopération judiciaire internationale.

Dans un contexte sous-régional marqué par une instabilité politique récurrente, cette affaire dépasse le strict cadre judiciaire pour prendre une dimension diplomatique et stratégique.


...EXTRADITION POSSIBLE ?

Sur le plan du droit, le Togo et le Bénin sont liés par des accords bilatéraux de coopération judiciaire. Ils sont également liés par des instruments juridiques de la CEDEAO. 

Ils sont enfin liés par les conventions internationales contre les crimes portant atteinte à la sûreté de l’État.

La tentative de coup d’État étant assimilée à un crime grave contre l’ordre constitutionnel, elle peut légalement justifier une demande d’extradition. 

Toutefois, celle-ci n’est ni automatique ni mécanique. Toute demande d'extradition dépend de l’appréciation souveraine de l’État requis, en l’occurrence le Togo.


...QUE FERA LE TOGO ?

Le président togolais Faure Gnassingbé, fin connaisseur des équilibres régionaux et régulièrement impliqué dans des médiations ouest-africaines, se retrouve au cœur de cette équation délicate.

Plusieurs facteurs pourraient influencer la position de Lomé. Il y a d'abord, la volonté de préserver de bonnes relations diplomatiques avec Cotonou.

Ensuite, le pouvoir de Lomé doit éviter de paraître comme une terre de refuge pour des acteurs de déstabilisation régionale surtout avec des considérations internes de sécurité et de souveraineté.

Jusqu’ici, les autorités togolaises n’ont fait aucune déclaration officielle relative à la présence présumée de Pascal TIGRI sur leur sol, adoptant une posture de prudence diplomatique.


FERMETÉ POUR LE BÉNIN... 

Pour le régime de Patrice Talon, l’enjeu est double. D'abord, il faut faire respecter l’autorité de l’État et l’ordre constitutionnel.

Ensuite, il s'agit d'envoyer un signal fort contre l'impunité, car nul n'est au dessus des lois de la République. Les auteurs de cette tentative doivent être en mesure d'expliquer les tenants et aboutissants de leur acte.

Cependant, l’histoire récente de la sous-région montre que les extraditions de personnalités militaires ou politiques restent souvent soumises à des arbitrages politiques complexes, où la solidarité régionale se heurte parfois aux intérêts stratégiques nationaux.


Ce cas Tigri est un test pour la coopération bénino-togolaise

Si une demande officielle d’extradition venait à être formulée, (ce qui n'est pas encore le cas), la réponse du Togo constituerait un test majeur de la coopération judiciaire et diplomatique entre les deux pays.

 Une extradition renforcerait l’image d’une CEDEAO solidaire face aux coups de force, tandis qu’un refus ou un enlisement du dossier pourrait nourrir spéculations et tensions diplomatiques.

L’évolution de ce dossier dépendra autant du droit que de la volonté politique des deux capitales. 

Une chose est certaine, c'est que l’issue de cette affaire sera scrutée de près, tant au Bénin, au Togo que dans l’ensemble de la sous-région ouest-africaine.

À titre de rappel, après l’échec de la tentative de coup d’État survenue récemment au Bénin, les regards se tournent désormais vers le principal suspect désigné par les autorités. Il s'agit de Pascal Tigri, officier supérieur de l’armée béninoise, présenté comme l’auteur et instigateur présumé de l’opération. 

Selon des sources sécuritaires concordantes, celui-ci aurait trouvé refuge au Togo, pays voisin, quelques heures après la neutralisation du putsch.

D’après des sources concordantes, Pascal Tigri aurait quitté le territoire béninois pour le Togo.

Sa fuite vers le voisin de l'Ouest s’inscrivait dans une stratégie visant à échapper aux arrestations massives engagées après l’échec de son coup de force.

En dépit de sa fuite, la justice dispose d’éléments suffisants pour établir la responsabilité de l’officier dans la tentative de renversement de l’ordre constitutionnel au Bénin.

Présenté comme un militaire expérimenté, Pascal Tigri occupait des fonctions sensibles au sein de l’armée. Sa connaissance des dispositifs de sécurité et des rouages institutionnels aurait facilité la planification de l’opération. Cette dernière a lamentablement échoué à cause de la loyauté de la majorité des forces armées béninoises.

Des sources proches de l’enquête évoquent un projet mal coordonné, reposant sur un soutien interne limité et dépourvu d’adhésion significative au sein de l’institution militaire.


Nourou TIDJANI


lafriqueenmarche du 18 novembre 2025 No 1069