Par Saroukath SALIM depuis les USA ( Sur les rives du Mississippi au Mont Denali, la Chronique de la Coupe du monde 2026)

L’épopée était écrite, gravée dans le marbre des promesses estivales. Les "Aigles de Carthage" devaient planer haut, très haut, là où l’air se raréfie et où l’histoire s’écrit en lettres d’or. Malheureusement, face au Suède, les "Aigles" tunisiens n'ont pas su survoler les débats, car ils ont fait comme un oiseau de nuit surpris par l'aube scandinave.

5-1 au profit de la Suède, tel a été le score de ce 1er duel des Tunisiens. Face à eux se dressait la Suède avec un bloc de glace. 

Ils étaient 11 guerriers venus du froid, nourris au pragmatisme et au design minimaliste. 

On attendait la fureur du désert, le sable chaud qui aveugle et la ruse qui déstabilise. 

Au lieu de cela, nous avons assisté à une formidable leçon de déception sur un terrain de football où chaque passe tunisienne glissait ou était inoffensive, jusqu'aux pieds de l'adversaire.

IMMOBILITÉ TUNISIENNE 

La défensive tunisienne dans ce match a atteint une dimension presque cauchemardesque. 

En effet, chaque accélération suédoise devenait une œuvre abstraite d'art, œuvre contemplée avec une passivité par une arrière-garde visiblement dépassée de contemplation. 

Les attaquants tunisiens, quant à eux, ont poussé le respect de l'hôte à son paroxysme, évitant avec une politesse exquise de bousculer la sérénité du gardien adverse.

Les "Aigles" ont simplement choisi leur rythme, celui des mirages.

C'est regrettable de constater que le génie tactique tunisien consistait à regarder la Suède venue du Nord avec la poésie de ce naufrage tranquille.

Ce 14 juin, avec la Tunisie, par cette défaite lourde de 5-1, le soleil de Carthage a poliment refusé de faire fondre la glace suédoise.

L'Afrique en marche du 15 juin 2026 No 1203