Lisez désormais toutes les 72 H jusqu'à la mi-novembre 2026, l'analyse de Radji SANOUSSI relative à l'élection de mi-mandat aux USA.

À l’approche des élections de mi-mandat (midterms) du 3 novembre 2026, face à des sondages délicats pour le camp républicain, les analystes et observateurs politiques envisagent plusieurs scénarios par lesquels le président Donald Trump pourrait tenter de contester, bloquer ou torpiller une éventuelle victoire démocrate au Congrès. 

Selon les rapports d'instituts comme l'IRIS et diverses analyses de médias internationaux, plusieurs leviers et scénarios pourraient être envisagés par Donald Trump.

PREMIÈRE OPTION 

Le locataire de la Maison Blanche pourrait surfer sur la contestation systématique et la sape de la confiance électorale.

Selon le chercheur Jeff Hawkins de l'IRIS (7 octobre 2026), le scénario le plus probable au lendemain d'une défaite républicaine est que Donald Trump et son administration mettent directement en cause la fiabilité du système électoral.

L'objectif est de répéter la stratégie de 2020 en qualifiant le scrutin de « truqué » afin de délégitimer d'entrée la future majorité démocrate.

Pour atteindre son but, au titre des actions associées, le camp républicain choisirait de multiplier les recours juridiques de dernière minute.

L'administration Trump ciblerait  particulièrement le vote par correspondance et faire pression sur les commissions électorales locales pour bloquer ou retarder la certification des résultats.

DEUXIÈME OPTION : GOUVERNER PAR DÉCRET 

Le bras de fer institutionnel et le "gouvernement par décret" seraient aussi 

Si les démocrates parviennent à s'emparer de la Chambre des représentants ou du Sénat, ils obtiendront le pouvoir d'ouvrir des commissions d'enquête et de bloquer le budget. 

Pour contourner ce contre-pouvoir, un scénario de crise ouverte entre l'exécutif et le législatif est anticipé.

Gouverner par décret permettrait à Trump d'ignorer les prérogatives du Congrès en s'appuyant massivement sur les décrets présidentiels (executive orders). 

L'objectif serait de continuer à appliquer son programme (notamment sur les tarifs douaniers ou la sécurité aux frontières) en forçant la Cour suprême à arbitrer chaque décision.

Mieux, Trump surferait sur la révocation des agences fédérales. En s'appuyant sur la jurisprudence récente (comme l'arrêt Slaughter de juin 2026), le président pourrait purger et restructurer les têtes des agences fédérales pour s'assurer de leur loyauté absolue face aux futures enquêtes parlementaires démocrates.

3 ÈME OPTION : ENTRE ÉTAT D'URGENCE ET APPEL AUX GOUVERNEURS ALLIÉES 

Les scénarios de rupture constitutionnelle jugés extrêmes seraient évoqués.

Certains observateurs évoquent des théories de crise systémique majeure avec l'appel aux gouverneurs alliés. 

Bien qu'un président américain n'ait constitutionnellement aucun pouvoir pour annuler ou repousser une élection fédérale, un scénario théorique évoque la possibilité pour Trump de déclarer un état d'urgence. 

Dans cette hypothèse, une vingtaine de gouverneurs républicains alignés pourraient tenter de retarder localement le processus ou de refuser de reconnaître les élus démocrates.

Avec le refus de transition législative,  Trump pourrait choisir de faire obstruction totale à la passation des pouvoirs au sein des commissions du Congrès jusqu'à l'entrée en fonction officielle de la nouvelle législature le 3 janvier 2027.

LIMITES JURIDIQUES À CETTE ACTION 

Les experts juridiques rappellent toutefois que les garde-fous restent solides. Selon une note du Club des juristes.

D'ABORD, la date est intangible. Fixée par la loi fédérale, seul le Congrès (et non le président) peut la modifier.

ENSUITE, on a le contrôle des États. La Constitution donne le contrôle principal des opérations de vote aux États fédérés et non à l'exécutif de Washington.

EN OUTRE, il y a le droit de veto. Même si les démocrates l'emportent, ils n'auront très probablement pas la majorité des deux tiers nécessaires pour surmonter un veto présidentiel. 

Ce qui garantit à Donald Trump de conserver un pouvoir de blocage législatif légal, sans avoir besoin de sortir du cadre constitutionnel.

L'Afrique en marche du 9 octobre 2026 No 1269