Le souverain pontife a formulé des excuses historiques au nom de l'Église catholique ce lundi 25 mai 2026. Ces excuses explicitent la responsabilité de l'institution et du Saint-Siège dans la légitimation et la condamnation tardive de l'esclavage. C'était en marge de la publication de sa première encyclique.
C'est une demande de pardon inédite. Le souverain pontife a qualifié le retard de l'Église de « blessure dans la mémoire chrétienne ».
Contrairement à ses prédécesseurs qui blâmaient les fautes individuelles des chrétiens, Léon XIV a directement présenté ses excuses au nom de l'institution elle-même.
En marge de la publication de sa première encyclique, ce message fort de Léon XIV est contenu dans son tout premier grand texte papal intitulé "Magnifica Humanitas"
(Magnifique humanité).
Avec cette reconnaissance des fautes historiques, le pape américain a admis que le Saint-Siège avait autrefois possédé des esclaves et avait publié des directives au XVe siècle (notamment des bulles papales) légitimant la soumission et l'asservissement des peuples dits « infidèles ».
Il a rappelé qu'il avait fallu attendre le XIXe siècle pour voir une condamnation absolue sous Léon XIII.
UN ACTE TRÈS FORT
Le pape Léon XIV a utilisé ce rappel historique pour dresser un parallèle direct avec notre époque.
Dans la majeure partie de son encyclique, il alerte sur le risque de « nouvelles formes d'esclavage et de colonialisme » induites par l'économie numérique et l'intelligence artificielle.
Il dénonce notamment l'exploitation des travailleurs de l'ombre (modérateurs, étiqueteurs de données) ainsi que le travail non réglementé pour l'extraction des minéraux rares nécessaires aux technologies de pointe.
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Salini RUCCI correspondance particulière depuis Rome
L'Afrique en marche du 26 mai 2026 No 1189

