Au Brooklyn Magistrate's Court où aura lieu l'audience, dans l’arène de pierre et de silence, l’air s’est figé, chargé d’une électricité invisible qui fait vibrer les tempes. Ce n’est plus un tribunal, c’est le point de bascule entre deux mondes. 

Qui aura le dernier mot entre le Bénin qui réclame justice pour les vidéos jubilatoires de Kémi Seba et les avocats de celui-ci qui veulent empêcher son extradition dans son pays? 

Sous les dorures froides de la salle d’audience du Brooklyn Magistrate's Court, l’attente possède une odeur : celle de l’encre fraîche et de l'horloge qui tourne pour le début de ce procès tant attendu au Bénin, en Afrique et dans le monde du fait de la renommée de Kémi Seba et des infractions contre lui. 

En attendant le procès,  on entend le froissement des robes noires, ce bruit sec qui rappelle que le Parquet et l’Ordre des avocats vont en découdre. 

Dehors, de nombreux observateurs avisés et membres d'ONG de droits de l'Homme sont là. Ils veulent être témoins de ce procès fatidique où le souffle de la foule sera présent pour apprécier les balances de la justice.

Dans le box, il y aura naturellement Kémi Seba, dont le seul nom occupera tout l'espace au détriment de ses deux autres coaccusés. 

Dans ce calme presque sacré, chaque regard est une flèche. On guettera l'instant où le verbe fera voler en éclats ce silence de plomb, car tout le monde le sait.

Ici, au-delà de juger Kémi Seba, c'est une bataille juridique légendaire qui s'annonce entre les avocats de l'activiste anti-français et ceux de l'État beninois.

Qui aura le dernier mot entre le Bénin qui réclame justice pour les vidéos jubilatoires de Kémi Seba et les avocats de celui-ci qui veulent empêcher son extradition dans son pays?  

On attend de voir.

John SHADUNA correspondant en Afrique du Sud 

L'Afrique en marche du 20 avril 2026 No 1160