La justice sud-africaine n'a pas rendu son verdict le 19 mai 2026 comme convenu à cette audience. Une autre audience est prévue ce 22 mai pour trancher. Pourquoi ces difficultés de parcours le 19 mai dernier ?
Au tribunal de Pretoria le 19 mai dernier, l'audience tant attendue n'a plus eu lieu. Le délibéré concernant la demande de libération sous caution de Kemi Seba a été donc officiellement reporté à ce 22 mai 2026.
Ce jour donc, il ne s'agira pas d'un jugement sur le fond de l'affaire, mais d'une décision d'étape pour savoir si l'activiste béninois et son fils peuvent attendre la suite des procédures en liberté.
La non tenue de l'audience selon les sources proches du dossier, découlent de plusieurs facteurs complexes qui ont jalonné le travail du tribunal régional de Pretoria.
Des mêmes sources proches du dossier, les motifs des reports judiciaires sont dus aux facettes du dossier d'immigration et de sécurité dans ce dossier "Kémi Seba".
Bien qu'arrêté initialement pour « séjour illégal » et « tentative d'immigration clandestine » vers le Zimbabwe, le parquet sud-africain a considérablement alourdi le dossier avec des éléments de blanchiment de fonds.
En effet, l'accusation s'appuie sur des rapports de Police pour évoquer des soupçons de planification « d'attaques terroristes » en Europe.
Dans une telle perspective, la taille et la gravité de ces pièces nécessitent un temps d'examen prolongé pour les juges sud-africains en charge du dossier "Kémi Seba".
L'autre nœud de cette affaire, c'est la bataille autour du statut de réfugié. En effet, Kemi Seba a officiellement déposé une demande d'asile politique en Afrique du Sud.
Selon toujours nos sources, ses avocats misent énormément sur cette stratégie pour éviter qu'il soit renvoyé dans son pays d'origine, le Bénin, où il fait face à des accusations d'atteinte à la sûreté de l'État.
Ce qui fait que le tribunal doit évaluer la validité de cette demande de protection internationale face aux lois sur l'immigration.
COMPLEXITÉ D'UN DOSSIER
L'autre élément d'appréciation pour la justice sud-africaine, c'est le rejet de l'immunité diplomatique.
En effet, lors des audiences précédentes, la défense a tenté de faire valoir le passeport diplomatique nigérien de l'activiste béninois.
Le tribunal a toutefois tranché qu'en l'absence d'un ordre de mission officiel ou d'une accréditation préalable auprès de l'Afrique du Sud, ce document ne conférait aucune immunité contre les poursuites.
Si l'audience de ce jour a lieu, la justice sud-africaine doit donc croiser les éléments des infractions commises sur son propre sol avec les requêtes de la justice béninoise.
John SHADUNA correspondant en Afrique du Sud
L'Afrique en marche du 22 mai 2026 No 1185

