Le gouvernement chinois, le 9 juin dernier, a décidé d'ouvrir son marché à certaines matières premières agricoles et forestières (dont les essences comme l'acajou africain). Le Bénin, l'un des pays producteurs africains en est également bénéficiaire. Quel est l'impact de cette décision chinoise pour la GDIZ, le fleuron de la vision de développement du Bénin?
Du fait des engagements du président Xi Jinping, la Chine ouvre son marché chinois ( de plus d'un milliard de consommateurs) à ce produit agricole africain qui est aussi produit au Bénin. La décision de Pékin d’ouvrir et de simplifier l’accès à son marché pour l’acajou africain est une opportunité pour la GDIZ et plus encore une excellente nouvelle pour l’économie du Bénin.
QUELLE PLUS-VALUE POUR LA GDIZ?
Pour Zone industrielle de Glo Djigbé, par rapport à l'acajou béninois, peut-on tabler sur une plus-value ?
La décision majeure de la Chine d'accorder un accès en franchise de droits à 100 % des positions tarifaires couplée à l'harmonisation des règles sanitaires d'importation pour les noix de cajou africaines représente un accélérateur de croissance stratégique pour la Zone Industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ).
Au Bénin, cette politique commerciale chinoise apporte une plus-value majeure à la GDIZ à travers quatre axes principaux
PREMIÈREMENT, on peut souligner une rentabilité maximale pour le "Made in Benin". On a une exonération totale des taxes.
En effet, les amandes de cajou transformées au sein de la GDIZ (comme la marque locale "#KAJU") entrent sur le gigantesque marché chinois à un coût hautement compétitif.
Ceci avec une marge bénéficiaire accrue. L'absence de barrières tarifaires augmente la rentabilité des usines installées dans la zone par rapport à leurs concurrents asiatiques.
Une sorte d'impact pour les investissements directs étrangers (IDE).
En effet, on observe une attractivité des industriels chinois. Dès lors, des géants de l'agroalimentaire, à l'image de Sino-Benin Noix de Cajou, s'implantent directement à la GDIZ pour transformer la matière première sur place et la réexporter vers la Chine sans frais de douane.
EN 2ÈME POSITION, on peut évoquer la sécurisation des investissements.. En effet, l'accès garanti au marché chinois valide le modèle économique de la GDIZ et rassure les bailleurs de fonds internationaux.
TROISIÈMEMENT, il y a la synergie parfaite avec l'interdiction d'exportation brute. Ce qui favorise une valorisation locale obligatoire.
Cette opportunité chinoise coïncide idéalement avec le décret béninois interdisant l'exportation des noix de cajou brutes.
Il y a la Monopolisation de la valeur ajoutée. Au lieu d'envoyer des noix brutes à faible valeur, la GDIZ va davantage transformer la totalité de la production nationale en amandes prêtes à la consommation, capturant ainsi la richesse et créant des milliers d'emplois locaux.
ENFIN, il y a une structuration d'une filière à grande échelle avec des débouchés pour les sous-produits.
La forte demande industrielle chinoise ne se limite pas aux amandes; elle ouvre des marchés pour les huiles de coque de cajou (CNSL) et le biocharbon également produits à la GDIZ.
Le secteur agricole avec cette ouverture sécurise une source majeure de devises étrangères et réduit la dépendance envers les acheteurs traditionnels (comme l'Inde ou le Vietnam).
En prenant cette décision d'ensemble pour le secteur acajou africain y compris celui du Bénin, le pays de WADAGNI profite de l'alliance commerciale et agricole avec la Chine pour assurer l'avenir de cette filière locale industrielle avec la sécurisation des revenus pour les communautés rurales du Bénin, communautés qui sont les bras valides et les fers de lance de ce secteur.
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Nourou TIDJANI
lafriqueenmarche du 25 juin 2026 No 1211

