L'Editorial de Murielle MENSAH
Le taux de participation aux dernières législatives et communales (36,74%), peut-il servir de baromètre pour valider le bilan de Patrice Talon? La réponse est sans ambiguïté chez les moivanciers. Quant aux autres Béninois, c'est le contraire ? La victoire de la mouvance présidentielle aux élections législatives, communales et municipales du 11 janvier 2026, est sans ambages.
Les partis qui soutiennent Patrice Talon ont raflé l'ensemble des sièges. Pour la mouvance, cette victoire est une validation du bilan des 10 ans de Talon.
INTERPRÉTATION DE LA MOUVANCE
Aux législatives, l'UPR a 41,15 % et le BR a récolté 36,64 %. Pour les partisans de la mouvance, ces résultats reflètent le choix souverain des électeurs et valident les actions menées par le président Talon, notamment en matière de développement économique et d'infrastructures. À quelques jours du scrutin du 11 janvier dernier, Patrice Talon était à l'Assemblée nationale pour présenter son dernier message sur l'état de la Nation. C'était le 23 décembre dernier.
Ce jour-là, le patron de la "Rupture", a mis en avant 10 années de réformes structurelles et de stabilité économique. Pour la mouvance, les populations qui ont suivi ce message ont été davantage emballées et ont décidé de le plébisciter.
Pour les soutiens du pouvoir, ce bilan globalement positif, qui vante les récits de "continuité" et de "transformation", ont mobilisé l'électorat. Ce qui a payé. En clair pour la mouvance, même si 36,74 % des Béninois étaient aux urnes, près de 80% ont validé le bilan de Talon lors des législatives inclusives.
La mouvance tient à souligner qu'avant le scrutin, il y a eu l'audit de la Liste électorale par des experts indépendants, donc un processus électoral très transparent.
CRITIQUES DES AUTRES
Cependant, cette lecture est nuancée par les critiques des autres.
Parlant de la validation du bilan de Patrice Talon, les autres tablent sur le taux de 36,74 % de participation pour un scrutin qui n'a finalement été qu'un : « Verrouillage parlementaire orchestré par un nouveau code électoral exigeant un seuil de 20 % dans chaque circonscription.».
Pour les tenants de cette thèse, le peuple béninois a rejeté aussi bien le bilan politique exclusif de Patrice Talon de même que sa gouvernance économique et financière.
Pour les autres, on ne peut organiser une exclusion, qui remet en question la vitalité démocratique du pays et parler de validation de bilan. Pour eux encore, 36,74 % est un faible taux de participation qui ne peut être considéré comme un plébiscite, mais comme un refus d'adhésion du peuple béninois.
Mieux, de leurs avis, c'est un taux qui signe l'absence de pluralisme au sein de l'Assemblée nationale, une évidence qui affaiblit le débat démocratique, et rend l'interprétation d'une validation du bilan sujette à débat. Pour les autres, le faible taux de participation, reflète une persistance de la distance sociale entre une partie des citoyens et les institutions politiques.
En somme, les résultats électoraux et le bilan de Talon sont diversement appréciés.
Pour la mouvance, il y a un lien direct et une corrélation entre le soutien populaire et le bilan de Talon ou du moins l'adhésion au projet politique et à son bilan économique avec les scores élevés des partis de sa mouvance, qui ont su capitaliser sur ses réformes.
Les autres Béninois contestent et continuent de dénoncer un environnement électoral perçu comme verrouillé. Entre les deux camps, l'histoire, va-t-elle davantage s'écrire à la présidentielle du 12 avril prochain ?
L'Afrique en marche du 2 février 2026 No 1107


