L'Editorial de Murielle MENSAH
La composition de la Direction de campagne de Romuald Wadagni est connue. À l'analyse, quels sont les critères d'appréciation qui se dégagent ?
La Direction de campagne du candidat de la mouvance présidentielle, Romuald Wadagni, a une forme pyramidale. Elle est très large à la base avec les coordinations des 24 circonscriptions électorales et au sommet, a un Comité stratégique avec Patrice Talon, président sortant. Après ce Comité, on a la Coordination nationale de cette Direction avec Assan Seibou comme directeur de campagne.
Cette Direction doit être mobilisatrice autour de divers profils politiques, à dominante parlementaire.
Quant aux ministres, ils sont surtout très peu. Ils ne sont que deux avec Bio Tchané et Benoît Dato. Tout porte à croire qu'il s'agit de maintenir la neutralité institutionnelle et permettre au gouvernement de poursuivre ses prérogatives régaliennes.
Une manière de séparer la communication de la collectivité de celle de la campagne pour respecter les règles électorales. Dans cette équipe de Romuald Wadagni, il y a de grands oubliés. Il s'agit des deux figures les plus emblématiques de cette période de précampagne au profit du candidat de la mouvance présidentielle. Il s'agit de Ousmane Batoko, ex président de la Cour suprême et de Basile Ahossi, récent 2 ème vice-président du Parlement sortant.
Des transhumants du parti "Les Démocrates" de Boni Yayi, seul Michel Sodjinou, l'un des six députés démissionnaires réélus sous la bannière de la mouvance présidentielle, figure dans un rôle marginal dans la Coordination de la 16 ème circonscription électorale.
ÉVITER LA NOTION DE VICTOIRE FACILE
Même si l'opinion nationale et internationale disent que le match est plié pour la victoire de Romuald Wadagni, cette Direction de campagne donne l'image d'une artillerie lourde qui surfe sur le quadrillage du territoire national.
Et en matière de défis, les certitudes ne vacillent pas. En effet, parlant de défis, cette Direction de campagne va s'appuyer sur un personnel politique.
Cette dernière, en matière de mobilisation, ne doit connaître les murs infranchissables, surtout quand la majorité de cette Direction de campagne est de tendance parlementaire, avec des députés à peine sortis de campagne.
À l'appel de cette équipe, il y a une urgence, celle de réussir un taux de participation important, en dépit de la notion de "match amical". À titre de rappel, le taux du double scrutin du 11 janvier dernier est de 36,74 %.
En effet, dans un pays où la participation aux élections n'est pas obligatoire, il revient à cette Direction de campagne de savoir trouver le moteur d'une mobilisation, qui réinvente le taux de participation comme une exigence de performance.
Relever ce défi, c’est garantir qu'aucun beninois ne soit laissé au bord du chemin, au nom de l'ascenseur républicain
Cette Direction de campagne, doit donc savoir adapter l'enjeu local aux défis généraux par des problématiques concrètes.
En dépit de la perception de "match amical", il revient à cette Direction de campagne de ne pas choisir la facilité, mais la responsabilité et l'action. Cette Direction de campagne doit démontrer qu'elle n'est pas l'architecte d'une victoire facile, mais qu'elle est capable de transformer ces défis en impulsion.
Pas de campagne sans un slogan de campagne. Quel sera le slogan de Romuald Wadagni ?
On attend de voir.
L'Afrique en marche du 26 Février 2026 No 1125

