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L'Afrique en marche
Le capitaine Michel Aikpé, ministre de l'Intérieur a été assassiné le 20 juin 1975.  Que s'est-il réellement passé ? Pourquoi ce jeune officier de l'armée et qui assumait cette charge importante dans le gouvernement a-t-il été tué ? Nous vous proposons deux versions des faits. En dernière partie, vous aurez La version officielle du gouvernement d'alors de Mathieu Kérékou. En première, vous aurez les révélations d'un acteur de cette période. Il s'agit de feu général François Kouyami.  Capitaine Michel Aikpé, ministre de l'Intérieur a l'époque des faits. Lire Aussi : Dossier " A...

Le capitaine Michel Aikpé, ministre de l'Intérieur a été assassiné le 20 juin 1975.  Que s'est-il réellement passé ? Pourquoi ce jeune officier de l'armée et qui assumait cette charge importante dans le gouvernement a-t-il été tué ? Nous vous proposons deux versions des faits. En dernière partie, vous aurez La version officielle du gouvernement d'alors de Mathieu Kérékou. En première, vous aurez les révélations d'un acteur de cette période. Il s'agit de feu général François Kouyami. 



Capitaine Michel Aikpé, ministre de l'Intérieur a l'époque des faits.


Lire Aussi : Dossier " Assassinat De Michel Aikpé, Casse-tête... L'Editorial de Titus FOLLY


Le général Kouyami a été l'une des figures de proue de la période révolutionnaire après le coup d'Etat du 26 octobre 1972, et ministre de la Jeunesse et des sports du gouvernement Mathieu Kérékou. Il a été  l'un des rares de cette période, à avoir eu  l'abnégation de témoigner sur ce dossier resté jusqu'à présent très sensible.


TÉMOIGNAGE DE KOUYAMI...

Dans le livre "Notre ami Kérékou" de Amadou Ousmane, Éditions Assuli, 2016, pages 79-80, on lit : « On a beaucoup spéculé sur l'affaire Aikpé. Je voudrais préciser ceci. Pour l'histoire, ce qu'il faut savoir, c'est que le coup d'État contre Kérékou, avait bel et bien été préparé par Michel Aikpé et Janvier Assogba. Mais Aikpé a pris la fuite. On a mis la main sur Assogba. Après Aikpé est revenu et a repris ses fonctions.  Kérékou qui a la rancune tenace, n'a rien voulu oublier (...). ».

Feu général François Kouyami poursuit encore : « Il y a eu plusieurs séances de réconciliation qui ont échoué et c'est à la dernière séance que les choses ont dérapé. Ça a chauffé. Et Aikpé qui était plus sportif a attaqué Kérékou. Celui-ci s'est défendu comme il se devait. Ils en étaient au corps à corps lorsque le garde du corps de Kérékou a "allumé"(...), autrement dit, a tiré sur Aikpé...».

Feu François Kouyami dit encore : « C'était un incident, rien de plus ! Et tout ce que l'on a pu raconter sur les prétendues "coucheries" (...) n'était qu'affabulation (...)».

Le même général Kouyami donne d'autres détails dans son livre-entretien : " Affaires d'Etat"au Bénin : « Muni de son fusil mitrailleur, le capitaine Aikpé était parti au volant de sa voiture. On saura plus tard, qu'il s'était rendu seul au Palais de la République. Les échanges qu'il avait eus avec le président Kérékou étaient très emportés et particulièrement violents. Le capitaine Aikpé qui avait commis l'erreur fatale de se rendre au Palais de la Présidence sans ses gardes du corps, était devenu particulièrement agressif et voulait s'en prendre physiquement au commandant Kérékou. Mais il avait laissé son fusil mitrailleur dans sa voiture. Kérékou n'était pas armé non plus. En revanche, le président était suivi de son garde de corps (...). Il s'est fait liquider par la suite (...).».


...VERSION DU GOUVERNEMENT 

À la question persistante des Béninois qui veulent savoir pourquoi un ministre d'une si haute importance, a-t-il été abattu comme un "vil quidam ou un banal "divorcé social"?

Voici la réponse officielle du gouvernement d'alors, réponse publiée dans "Daho-Express" No 1689. du 23 juin 1975, organe gouvernemental d'alors.

Selon ce communiqué : « Le Chef de l'Etat a été alerté de présences insolites et régulières de (...) au domicile de fonction du capitaine Aikpé (...). Le Chef d'État s'est rendu lui-même sur les lieux avec sa garde. Sommé d'ouvrir la porte, les occupants de l'appartement ne se sont pas exécutés. Confronté à ce refus d'obtempérer, le président Mathieu Kérékou va demander à sa garde de défoncer la porte. C'est alors que le Président va découvrir le pot au rose (...). Alors qu'il tentait de fuir, le capitaine fut incidemment abattu par la garde présidentielle. (...).».

Voila la version officielle sur la mort du ministre de l'Intérieur, le capitaine Aikpé selon le gouvernement. 

Le 20 juin 1975, donc il y a exactement 50 ans, le ministre de l'Intérieur, Michel Aikpé a été assassiné. Il avait 33 ans à sa mort. 


lafriqueenmarche du 24 juin 2025 No 940

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