Après l'entrée en vigueur effective des mesures d'interdiction des importations de poulets congelés (fin décembre 2024), quel avenir pour le secteur avicole béninois? 

« Un financement majeur de 102 millions d'euros (environ 67 milliards FCFA) a été approuvé, en décembre 2025, notamment avec le soutien de la Banque africaine de développement (BAD). Objectif, transformer durablement la production nationale de viande de volaille...», fait savoir un expert du secteur en service au ministère de l'Agriculture et de la pêche.

Selon lui : « Avant ce financement, le secteur avicole affichait une dynamique de croissance grâce aux appuis budgétaires de  l'Etat béninois. Ce qui a contribué à l'accroissement des capacités de production de nombreux entrepreneurs, qui ont vu leur capacité passer de 1 000 à plus de 15 000 poulets par cycle...».

OUTRE LES  INVESTISSEMENTS MAJEURS, AUTRES ACQUIS 

Notre interlocuteur a également insisté sur la professionnalisation et sécurité sanitaire. De ses explications, il ressort qu'on observe une réduction de la dépendance aux laboratoires extérieurs grâce à la création d'unités d'abattage locales équipées de leurs propres laboratoires de contrôle qualité. Mieux, il met en exergue les partenariats innovants. On apprend de lui que : « D'anciens importateurs se reconvertissent en partenaires d'agriculteurs locaux pour dynamiser la transformation et la commercialisation de la volaille béninoise. 

DÉFIS PERSISTANTS 

Au titre des défis, un entrepreneur avicole rencontré dans le département de l'Atlantique et qui a requis l'anonymat, a parlé du coût des intrants. « Le prix de l'aliment de bétail, fortement lié aux cours du maïs et du soja (dont le prix de référence a augmenté fin 2024), reste un frein majeur à la compétitivité face aux prix historiques des produits importés...».

Notre interlocuteur met également l'accent sur le déficit d'infrastructures. « Le manque d'abattoirs industriels et de chaînes de froid performantes dans les zones rurales, limite encore la distribution à grande échelle...».

Il insiste également sur : « L'autosuffisance partielle. En effet, bien que la production d'œufs de table couvre environ 70 % des besoins, la production de viande de volaille doit encore croître d'au moins 30 % pour satisfaire totalement le marché intérieur sans tensions sur les prix...».

Un autre entrepreneur avicole rencontré à dans le département de l'Ouémé et qui a aussi requis l'anonymat insiste sur : « L'accès à l'énergie du fait du faible taux d'électrification rurale (environ 10 %). Ce qui complique l'automatisation des élevages et la conservation des produits...»

Il poursuit : « Le secteur se trouve actuellement à un tournant, l'objectif étant de passer d'une production de subsistance à une filière semi-industrielle capable de conquérir les marchés régionaux, notamment le Nigéria.

Irma HOUESSOU

 L'Afrique en marche du 20 janvier 2026 No 1097