La Chronique internationale de Salifou DIAGNE

Faure Gnassingbé, le président du Togo, a organisé une rencontre de haut niveau tenue à Lomé le 18 avril 2026, entre des émissaires de l'AES et ceux de la France. Cette initiative du président togolais, peut-elle marquer une étape clé dans les relations complexes entre la Confédération des États du Sahel (AES) et la France? Le Togo va-t-il s'imposer comme un "pont" diplomatique" incontournable entre les deux parties ?

Au cœur des turbulences sahéliennes, là où le silence pèse plus lourd que les mots, une silhouette diplomatique se dessine avec une élégance rare : celle du Togo, médiateur entre l'AES et la France.

Oui, Faure Gnassingbé, a réussi, en marge d'une réunion le 18 avril dernier entre la CEDEAO et l'AES, à associer la France.

Loin du tumulte des estrades et de la diplomatie du spectacle, Lomé a choisi la voie de l’ombre fertile, celle qui répare les ponts sans jamais chercher la lumière des projecteurs.

Faure Gnassingbé n’est pas un simple intermédiaire. Il se veut être le souffle de la réconciliation entre l'AES et la France.

Dans ce face-à-face complexe entre l’Alliance des États du Sahel (AES) et la France, il incarne cette sagesse ancestrale qui sait que pour dénouer un nœud, il ne faut pas tirer, mais comprendre la fibre.

Alors que les certitudes s’affrontent, le Togo offre un espace de compromis où la souveraineté des uns n'est jamais le mépris des autres. 

FAURE GNASSINGBÉ DANS LE RÔLE DE MÉDIATEUR

Par sa neutralité active, Faure Gnassingbé transforme les ultimatums en dialogues et les malentendus en perspectives.

Le mérite de Faure Gnassingbé réside dans sa capacité à maintenir le lien quand tout semble vouloir le rompre. 

Avec Faure Gnassingbé,  c'est une diplomatie de l'équilibre, une géopolitique du cœur et de la raison, qui fait de Lomé, le sanctuaire de la réconciliation entre l'AES et la France.

Après le tumulte des ruptures et le fracas des certitudes, une voix s'élève, celle de Faure Gnassingbé non par le cri, mais par le murmure constructif. 

LOMÉ LE PONT QU'IL FALLAIT 

Grâce à Faure Gnassingbé, Lomé n'est plus seulement une capitale. Elle est devenue, sous l'impulsion de sa nouvelle stratégie 2026-2028, le point d'ancrage où les contraires s'apprivoisent.

Lomé passe pour gagner le pari du pont,  alors que les ponts semblaient rompus entre le Sahel et son ancien partenaire la France.

Le Togo a su servir de pont en réunissant à Lomé, les ministres de l'AES (Mali, Niger, Burkina Faso) et des envoyés spéciaux de la France, avec pour objectif de transformer l'impasse en dialogue.

En attendant les résultats, ce début de méditation, est déjà un acte fort, car il réside dans une diplomatie qui refuse l'exclusion.

Accueillir simultanément la France et l'AES, tout en respectant la souveraineté sahélienne, relève d'une géopolitique de la nuance.

Là où certains voyaient des murs, le Togo a dessiné un horizon. C'est ici, sur les rives du Golfe de Guinée, que se réinvente le dialogue entre le Sahel et la France.

L'Afrique en marche du 22 avril 2026 No 1161