Des nationalistes camerounais sont tombés sous la répression française dans les années 1950-1960. Avec la reconnaissance par Emmanuel Macron il y a quelques jours des exactions commises par la France, n'y a-t-il pas nécessité de les réhabiliter? 

Ruben Um Nyobè, Félix-Roland Moumié, Ernest Ouandié, Abel Kingué ont été durant les années 1950-1960 quatre grandes figures emblématiques qui ont marqué le nationalisme camerounais.


Ruben Um Nyobè alias le "Mpodol"


Alors que la mémoire des luttes pour l’indépendance continue de hanter l’histoire du Cameroun, ces figures nationalistes ont subi la violence de la répression française des années 1950 et 1960. 

En majorité, il s'agit de leaders de l’Union des populations du Cameroun (UPC) et d’autres mouvements. Ces leaders ont payé de leur vie leur engagement pour l’émancipation de leur pays.

Le tout premier a nom Ruben Um Nyobè, alias “le Mpodol”. Celui-ci est considéré comme le père du nationalisme camerounais moderne, Ruben Um Nyobè, surnommé "Mpodol" (“celui qui porte la parole” en langue bassa), fut l’un des fondateurs de l’UPC en 1948. Son combat pacifique pour l’indépendance et contre le colonialisme français lui valut une traque impitoyable. Le 13 septembre 1958, il est abattu par l’armée française dans la forêt de Boumnyébel. Sa dépouille sera interdite de sépulture digne, afin d’effacer sa mémoire.


Il y a ensuite  Félix-Roland Moumié, surnommé la "Voix internationaliste". Successeur de Ruben Um Nyobè à la tête de l’UPC, le docteur Félix-Roland Moumié porta le combat camerounais sur la scène internationale. Il multipliait les interventions à l’ONU et dans les pays socialistes. Le 3 novembre 1960, à Genève, il est empoisonné au thallium par un agent des services secrets français, le tristement célèbre William Bechtel. Son assassinat est l’un des épisodes les plus marquants de la “guerre secrète” menée contre les indépendantistes.


Félix-Roland Moumié


Dans cette série des héros, il y a également Ernest Ouandié, alias "le dernier grand maquisard".

Militant infatigable, Ernest Ouandié mena la lutte armée dans les maquis de l’Ouest après l’indépendance officielle du Cameroun en 1960, considérée par lui comme une “indépendance factice”. Capturé en 1970, il fut exécuté publiquement par fusillade à Bafoussam le 15 janvier 1971, sous le régime de Ahmadou Ahidjo, avec l’aval de la France. Son exécution visait à mettre fin définitivement au rêve d’une révolution populaire camerounaise.


Enfin, on doit également évoquer Abel Kingué, alias "Oublié de l’histoire".

Moins connu que ses compagnons de lutte, Abel Kingué fut pourtant l’un des dirigeants de l’UPC. Arrêté et emprisonné à plusieurs reprises, il vécut l’exil avant de succomber en 1964 à des conditions de vie précaires, conséquence directe des persécutions politiques et de l’isolement imposé par le pouvoir et ses soutiens étrangers.


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Ces figures, parmi d’autres, incarnent une page sanglante de l’histoire camerounaise.

Aujourd’hui, historiens, associations et familles réclament une reconnaissance officielle des crimes commis durant cette période. 

L'assassinat de ces héros rappelle que l’indépendance, proclamée en 1960, fut obtenue dans un contexte de violence extrême, car à l'époque la France mit tout en œuvre pour briser les aspirations des nationalistes radicaux. 


Enerst DJONKEP depuis Yaoundé 


lafriqueenmarche du 17 août 2025 No 978


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