Les autorités ghanéennes, en collaboration avec des agences américaines, ont procédé il y a quelques jours à l’arrestation d’un célèbre influenceur des réseaux sociaux à Accra. Il est présumé d’avoir dirigé une vaste opération d’escroquerie internationale visant des citoyens américains, principalement des personnes âgées.
L’homme arrêté a été identifié comme Frederick Kumi, âgé de 31 ans, mieux connu sous son pseudonyme de scène "Abu Trica" sur les réseaux sociaux.
Il est très populaire pour ses publications ostentatoires, publications qui montrent des voitures de luxe, des villas et des liasses de billets. Il comptait des dizaines de milliers de followers qui le voyaient comme un modèle de réussite.
Mais derrière cette façade, selon l’accusation américaine, se cachait un réseau criminel sophistiqué de fraude dite “romance scam” (escroquerie sentimentale).
Ce résumé aurait piégé de nombreux Américains, en particulier des personnes âgées, pour leur soutirer de l’argent sous de fausses raisons, comme des urgences médicales, des frais de voyage ou de faux investissements.
DÉMASQUÉ GRÂCE À UNE OPÉRATION INTERNATIONALE CONJOINTE
L’arrestation de Kumi est le résultat d’une opération commune entre le FBI, les services de police ghanéens, et plusieurs agences de lutte contre la cybercriminalité ghanéennes, dont l'Economic and Organised Crime Office) et la Cyber Security Authority (EOCO).
Selon l’acte d’accusation dévoilé par le ministère de la Justice des États-Unis, l’influenceur utilisait des outils d’intelligence artificielle pour créer de fausses identités et engager des relations sur des plateformes de rencontres et de réseaux sociaux. Une fois que la confiance était établie, il aurait utilisé des astuces pour convaincre ses victimes d’envoyer des fonds à des comptes contrôlés par lui ou ses complices.
MONTANTS IMPORTANTS À LA CHARGE DU PRÉSUMÉ
Les procureurs américains estiment que plus de huit millions de dollars ont été extorqués à des citoyens américains vulnérables par ce stratagème, qui aurait fonctionné depuis 2023. Les enquêteurs ont retracé des transferts d’argent via des intermédiaires aux États-Unis et au Ghana avant que les fonds ne soient redistribués au réseau.
Les juges américains ont relevé l’existence de plusieurs chefs d’accusation à l’encontre du suspect, notamment complot en vue de commettre une fraude électronique, blanchiment d’argent et complicité dans une vaste opération criminelle transnationale.
S’il est reconnu coupable, Kumi pourrait écoper d’une peine pouvant aller jusqu’à 20 ans de prison selon la législation américaine. Cette arrestation intervient dans un contexte où les escroqueries en ligne visant des citoyens étrangers, notamment des Américains, deviennent de plus en plus fréquentes en Afrique de l’Ouest.
En 2025, plusieurs ressortissants ghanéens, ont déjà été extradés vers les États-Unis dans des affaires similaires à ce qui est dénommé :"online romance scams" ou de fraude par email, impliquant parfois des millions de dollars de pertes pour les victimes.
HORIZONS JUDICIAIRES
Les autorités ghanéennes rappellent que les réseaux sociaux ne doivent pas servir de couverture à des activités illégales.
Les procédures judiciaires sont en cours, avec une éventuelle extradition vers les États-Unis pour jugement, selon les accords bilatéraux en matière judiciaire entre les USA et le Ghana. Les autorités ghanéennes ont souligné que cette arrestation prouve leur volonté de coopérer étroitement avec la communauté internationale pour lutter contre la cybercriminalité.
Koffi TETEY correspondant au Ghana
L'Afrique en marche du 3 février 2026 No 1108


