Donald Trump et Benyamin Netanyahou, ont lancé une stratégie de "changement de régime" sans troupes au sol. En misant sur une combinaison de frappes aériennes massives et d'asphyxie économique, l'Américain et l'Israélien, peuvent-ils provoquer un effondrement de l'intérieur ?
La stratégie de la "décapitation" et du soulèvement par les frappes ciblées est actuellement en cours contre l'Iran.
L'opération américano-israélienne "Epic Fury" (lancée ce 28 février 2026) a visé les centres de commandement des "Gardiens de la révolution" et les bureaux du Guide suprême. Donald Trump et Benyamin Netanyahou ont donc réussi à éliminer le guide suprême, l'Ayatollah Ali Khamenei.
L'objectif explicite est que le peuple iranien profite de la désorganisation du pouvoir pour "reprendre son destin en main". Trump a promis l'immunité aux membres des Gardiens de la révolution qui déposeraient les armes.
Cette stratégie fait suite à celle de l'asphyxie économique "Maximum Pressure 2.0" avec des sanctions totales depuis février 2025, de la part de l'administration Trump.
En effet, cette dernière a rétabli une politique de pression maximale, visant à réduire les exportations de pétrole iranien à zéro. Cette pression a aggravé une crise économique majeure, marquée par des manifestations dans les 31 provinces du pays avant même le début des frappes militaires.
ABSENCE DE RELAIS AU SOL
Nombreux sont les spécialistes qui relèvent de nombreux obstacles majeurs à une victoire sans troupes au sol.
En la matière, la résilience du régime de Téhéran est à souligner. Historiquement, les campagnes de bombardements aériens seuls suffisent rarement à renverser un gouvernement ancré.
Des experts soulignent également que cela peut au contraire provoquer un "réflexe patriotique" autour du pouvoir en place. Sans invasion terrestre, les États-Unis et Israël dépendent entièrement de la capacité de l'opposition interne affaiblie par des décennies de répression à s'organiser face à un appareil sécuritaire qui reste brutal. L'Iran conserve une capacité de nuisance régionale via ses proxies (Hezbollah, Houthis) et ses missiles balistiques, capables de frapper Israël et les bases américaines malgré les dommages subis par ses infrastructures.
Si le régime est plus fragile que jamais après la neutralisation de son sommet et la destruction de ses sites nucléaires (Natanz, Fordow), la "victoire" finale dépend désormais d'un basculement de la population et de l'armée iranienne, un pari hautement incertain sans présence militaire étrangère sur le terrain.
Radji SANOUSSI
L'Afrique en marche du 2 mars 2026 No 1128
