La Génération Z (GenZ), peut-elle évincer le président malgache, Andry Rajoelina? Lorsque les jeunes de ce pays protestent contre les coupures d’eau et d’électricité, personne ne pouvait s'imaginer que l'eau et l'électricité pourraient être les étincelles d’un ras-le-bol contre le président Rajoelina. La question qui revient depuis quelques jours, c'est de savoir si la génération Z (ceux qui sont nés fin 1990-début 2010) peut-elle vraiment évincer Andry Nirina Rajoelina ?
En fonctiin depuis le 19 janvier 2018, après avoir remporté l’élection présidentielle, Andry Nirina Rajoelina, a été réélu en 2023 pour un nouveau mandat de cinq ans. Il fait face aux réclamations de la génération Z.
En effet, ces derniers jours, Madagascar a été le théâtre de manifestations conduites principalement par des jeunes de la génération Z , qui protestent contre des coupures fréquentes d’eau et d’électricité, les conditions de vie jugées insupportables, l’injustice sociale et la corruption.
Ils utilisent les réseaux sociaux pour rassembler dans les quartiers urbains, et manifester parfois malgré l’interdiction étatique.
...PLATEFORME REVENDICATIVE
Le mécontentement des jeunes n’est plus confiné. Ses champs d'action sont vastes avec des revendications relatives aux coupures d’électricité ou d’eau, l’incertitude dans l’emploi, l’infrastructure dégradée se ressentent dans la vie quotidienne. C'est tout cela qui donne du poids au discours contestataire. D'où une mobilisation visible et une colère palpable.
La Gen Z a comme moyens de lutte, la communication et les réseaux sociaux. En effet, les jeunes malgaches utilisent efficacement les plateformes numériques pour s’organiser, dénoncer les dysfonctionnements et partager les injustices. Cela permet de contourner les médias traditionnels plus contrôlés ou plus lents.
Et comme symbole de changement, la génération Z représente la nouveauté, l’espoir pour beaucoup, une rupture possible avec les anciennes pratiques politiques. Ces dernières surfent sur le clientélisme, la corruption, les promesses non tenues Etc. Beaucoup souhaitent un leadership plus transparent, plus responsable.
DÉFIS À RELEVER...
Au nombre des handicaps à surmonter par les jeunes malgaches, il y a la structure politique et institutionnelle en place.
Rajoelina a une assise politique forte, un appareil d’État, des soutiens dans plusieurs secteurs.
Remplacer un président élu, même si certains contestent la légitimité électorale ou le taux de participation, l'évincer du pouvoir, nécessiterait plus qu’une protestation ponctuelle.
Bien que la génération Z soit très active, elle manque souvent d’organisation politique stable. En effet, peu de partis politiques encadrent ces jeunes crédibles. Mieux, il y a peu de structures capables de transformer le mouvement de rue en force électorale.
La répression et les contraintes légales des forces de l’ordre qui répondent par la force ou des interdictions de manifester sont aussi à noter.
Il faut également signaler que les lois électorales ou institutionnelles peuvent limiter l’entrée de nouveaux venus dans l’arène politique.
De plus, obtenir les ressources (financement et logistique) pour mener une révolte à l’échelle nationale reste un défi immense.
Le problème de crédibilité et des alternatives concrètes pour prendre le pouvoir sont également à notifier.
En effet, pour évincer un président, il ne suffit pas de dénoncer les défauts. Il faut proposer une alternative crédible, des programmes, des candidats, des coalitions. Or, jusqu’à présent, la jeunesse semble plus mobilisée sur les revendications que sur les offres politiques alternatives.
Sans oublier qu'il faut voir sur la durée si la Génération Z va parvenir à s’allier avec d’autres groupes comme les classes moyennes, les milieux ruraux, la diaspora, etc.
Cette génération Z, peut-elle espérer accéder au pouvoir?
Pour y parvenir, il urge qu'une ou plusieurs figures emblématiques de la génération Z ou proches, mettent leur crédibilité, charisme, réseau, ressources, capables de rassembler au-delà des jeunes pour peser dans les actuels rapports de forces.
John SHADUNA correspondant en Afrique du Sud
lafriqueenmarche du 2 octobre 2025 No 1019


