La question d’éventuelles "taupes" au camp de Kati, cœur du pouvoir militaire malien, est régulièrement soulevée après des événements sécuritaires majeurs de ce weekend. Peut-on dire à raison ?
Suite à la série d'attaques coordonnées, qui a visé plusieurs villes stratégiques, dont le camp de Kati, résidence du président de la transition, le général Assimi Goïta, des doutes surgissent sur la loyauté de certains.
Bien que Kati soit considéré comme le camp le mieux défendu du pays, la capacité de groupes armés (JNIM, alliés au Front de Libération de l'Azawad), à atteindre cette zone, inquiète à plus d'un titre.
THÉORIE DE L'INFILTRATION
A-t-il des loyalistes, qui sont de connivence avec les terroristes? Certains dans l'armée régulière, ont ils choisi de lever le pied et de laisser faire ce 25 avril ? Comment peut-on laisser les terroristes passer cinq grands barrages au simple motif qu'ils étaient en uniformes comme l'armée régulière ?
Des observateurs et des voix avisés s'interrogent sur la présence de complicités internes avec la célèbre formule de « L'ennemi qui vit avec toi.».
Ce qui souligne qu'une telle logistique à Bamako et Kati semble difficile sans appuis locaux ou failles majeures dans les services de sécurité.
Les experts notent que ces attaques répétées au cœur du pouvoir, fragilisent le discours officiel sur la montée en puissance des forces armées et la sécurité retrouvée grâce aux nouveaux partenariats.
L'alliance inédite entre les djihadistes du JNIM et certains groupes séparatistes pour frapper simultanément Kati et l'aéroport de Bamako, suggère une planification sophistiquée. Et tout ceci a nécessité potentiellement des informations précises sur le dispositif défensif.
En analysant le contexte sécuritaire malien qui a failli, dire que l'asticot est dans le fruit, n'est pas un décryptage qui peut relever d'une exagération ?
Ibrahim DIALLO
L'Afrique en marche du 27 avril 2026 No 1166

