JL Bondoko Ekolonga est expert en sécurité international, géostratégie & résolution des conflits. Dans ce décryptage, le spécialiste évoque les raisons de la joie du côté rwandais après la signature de cet Accord.  Lisez-le attentivement ci-dessous. 


...RDC-RWANDA: UNE PAIX DE FAÇADE DANS UN THEATRE STRATEGIQUE...!!!

L’accord entre le Rwanda et La RD Congo, soutenu et facilité par les États-Unis, a été joyeusement et triomphalement célébrer par le gouvernement Rwandais. La raison de ce sentiment de triomphe à Kigali est évidente…le Rwanda sort blanchi de cet accord, malgré son soutien ouvert aux rebelles M23/AF, la  participation de son armée dans l’agression de la RD Congo, et les crimes de guerres commis par son armée contre des milliers de civils au Kivu… 

Etonnement, malgré la documentation de tous ces crimes, par plusieurs organisations humanitaires indépendants et la Mission de l’ONU au Congo (MONUC), il n’y a dans cet accord aucune mesure contraignante, et aucune pénalité de réparations qui sont exigés contre le Rwanda. Pire encore, cet accord donne au Rwanda « le privilège économique »  d’être un acteur clé dans la chaine du processus de mise en valeur des ressources minières stratégique de la RDC.

Du côté du gouvernement congolais, on assiste à une campagne désespérée pour convaincre l’opinion publique d’une victoire diplomatique obtenue à l’arrachée contre le Rwanda. Mais les faits sont têtues et démontrent qu’aucun des motifs d’accusation contre l’agression du Rwanda et son soutien au M23/AFC n’a été condamné dans cet accord. Tout le monde dans cette affaire semble oublier toutes les accusations et menaces proférer contre le Rwanda par le président Felix Tshisekedi Tshilombo… ! Le gouvernement congolais aura beau s’agiter dans tous les sens  pour faire croire « à une grande victoire diplomatique imaginaire », mais les congolais ne sont pas tous dupes. Cet accord est « une honte historique », Felix Tshisekedi Tshilombo à encore une fois montrer ses limites, son amateurisme et son manque de vision stratégique. Il a tout simplement baissé sa culotte… !!!


Depuis 1997, les Etats-Unis et le reste de la communauté internationale assistent les bras croisées au massacres de millions de congolais par le Rwanda et l’Ouganda sans dénoncer, condamner et sanctionner sévèrement ces deux pays. Cette hypocrisie devant les violations aussi flagrantes du droit internationales doit évidemment interrogée la crédibilité des acteurs internationaux et en premier lieu les Etats-Unis d’Amérique… !!! Ainsi, nous pouvons donc, au regard des multiples violations du droit international par le Rwanda en RDC et la complaisance (ou complicité) des États-Unis et de l’UE, douter de la sincérité et de la fiabilité de Washington dans le dossier congolais. Il y a pas ou très peu de chance que cet accord RDC-Rwanda, « présenté comme UNE VOIE HISTORIQUE vers la paix », n’apporte une quelconque garantie de sécurité pour la RDC… !!!

Derrière ce show de soi-disant « PAIX HISTORIQUE »  entre le Rwanda et la RD Congo présidé par Donald J. Trump, se cache une réalité plutôt géostratégique, à savoir,  « la sécurisation des chaînes d’approvisionnement en minerais critiques » – une priorité géopolitique pour Washington dans sa rivalité technologique avec Pékin. Cette opération américaine s’inscrit plutôt dans une longue tradition d’engagements diplomatiques américains à l’étranger, dans le seul but d’étendre son contrôle économique sur des ressources de minerais stratégiques. 

Cet accord RDC-Rwanda ne doit pas être interprété uniquement à l’échelle régionale. Il s’inscrit dans une logique de découplage stratégique, et une reconfiguration mondiale des chaînes de valeur, sur fond de guerre technologique entre les États-Unis et la Chine. Washington joue ici une carte double, qui est de stabiliser militairement une zone instable tout en verrouillant l’accès à des ressources critiques.

Le sort des millions de victimes de cette guerre atroce et le respect de la souveraineté de la RD Congo n’a jamais préoccupé les américains. En promouvant un accord RDC-Rwanda, les États-Unis tentent potentiellement d'installer un système régional de gestion des ressources où les multinationales américaines (et leurs alliés européens) pourraient opérer dans un environnement plus « prévisible » – quitte à contourner les autorités congolaises elles-mêmes ou à marginaliser certains acteurs chinois déjà implantés sur place. 

L’Afrique, longtemps perçue comme périphérique dans les luttes géopolitiques globales, devient un terrain d’affrontement stratégique entre grandes puissances. L’enjeu n’est plus seulement économique mais technologique : celui qui contrôle les ressources africaines contrôle l’essor de l’intelligence artificielle, de l’électromobilité et des énergies renouvelables. 

Au regard de l’histoire et des faits documentés, les États-Unis n’ont jamais démontré une réelle volonté de garantir la paix et la souveraineté de la RDC. Une paix durable ne peut naître d’un double jeu, ni d’un silence complice des grandes puissances face à l’agression et au pillage. Elle exige justice, transparence, et souveraineté retrouvée – des conditions qui sont d’en l’état actuel des choses, encore loin d’être réunies.


Depuis l'invasion de 1996 ayant renversé Mobutu, le Rwanda bénéficie d’un soutien diplomatique, militaire et économique durable des États-Unis. Des rapports successifs du Conseil de sécurité de l’ONU, des ONG internationales comme Human Rights Watch ou Global Witness, ainsi que des chercheurs indépendants, ont documenté avec constance le soutien du Rwanda à des groupes armés responsables de crimes de guerre, de déplacements de populations et du pillage systématique des ressources congolaises, notamment dans le Nord-Kivu et l’Ituri. Et pourtant, jamais Washington n’a condamné clairement ou sanctionné sérieusement le Rwanda pour ces actions.

L’implication américaine dans ce conflit n’est pas une première, nous avons connu dans le passé une implication directe de conciliation des Etats-Unis dans le conflit entre le Rwanda, la RD Congo et l’Ouganda. En effet, le 26 octobre 2004, un accord de paix conduit  par le sous-secrétaire d’État Donald Yamamoto - et sous l’observation de la MONUC - avait été également signée sous l’égide des États-Unis. Cet accord à l’époque avait été précédé d’un protocole d’accord signé à Washington entre les gouvernements congolais, rwandais et ougandais, dont le but était de mettre en place des mécanismes de règlement sécuritaires dans les questions de conflits de frontières communes des trois pays frontaliers. 


En conclusion, la RDC à travers  son président Felix Tshilombo Tshisekedi a fait montre de son incapacité à assumer son devoir régalien de protéger les congolais et la souveraineté de la RDC. Dans ces négociations tenues à Washington,  la faiblesse stratégique de la RDC est clairement démontrée, et il en ressort que l’équipe congolaise menée par la Ministre de affaires Etrangères n’a pas pu imposer ses conditions face à un Rwanda soutenu par l’Occident. Cet accord manque de vision à long terme et ne règle pas les causes profondes (pillage des ressources, impunité rwandaise) de la crise.

La RDC a perdu et en ressort affaiblie et humiliée, dans la mesure où il n’y aura aucune réparation exigée au Rwanda, et une impunité totale pour ce pays agresseur. Par contre, Le Rwanda en sort grandi et triomphant, parce que le M23 acquière une légitimité totale, alors que Felix Tshisekedi Tshilombo avait juré de ne jamais négocier avec eux. Et grâce à cet accord, le Rwanda officialise sa mainmise dans la gestion des ressources minières et des parcs naturelles de la région.


JL Bondoko Ekolonga

Master in International Security & Conflicts Resolutions

B.A. In International Relations

Expert en Sécurité International, Géostratégie & Résolution des Conflits


lafriqueenmarche du 10 juillet 2025 No 950