Le président russe, Vladimir Poutine, a donné son feu vert à la vente à l’Algérie d’avions de chasse "Sukhoï". Ce qui confirme ainsi les ambitions militaires grandissantes d’Alger et renforce le lien de défense entre les deux Nations.

Selon plusieurs sources proches des cercles du pouvoir, la Russie a accepté de vendre au moins cinq "Sukhoï" Su-35 à l’Algérie. Ces appareils étaient initialement destinés à l’Égypte, mais la transaction a été annulée. Ce qui ouvre la voie à une vente vers Alger. L’une des images par satellite, montre un "Su-35" peint aux couleurs de l’Égypte, puis reconditionné avec les marques de l’Armée de l’air algérienne.

ACCORD TARDIF MAIS DÉCISIF POUR L'ARMÉE ALGÉRIENNE 

L’arrivée des "Su-35" en Algérie survient dans un contexte où la production des "Sukhoï Su-57", l’avion furtif de cinquième génération russe, prend du retard.  Alger avait déjà signé un contrat pour des "Su-57", et des pilotes algériens ont fini leur formation en Russie, mais la livraison des Su-35 a pris du retard. 

Finalement, la livraison de Su-35, apparaît comme une solution de transition pour maintenir la capacité opérationnelle de l'armée algérienne. Ces livraisons renforcent les capacités de l’Algérie en dépit des retards de production du "Su-57"

L’intégration des "Su-35", réputés pour leur maniabilité, leur radar avancé "Irbis-E" et leurs moteurs à vecteur de poussée, constitue un véritable saut qualitatif pour l’aviation algérienne. Cette modernisation militaire place l’Algérie parmi les rares Nations africaines à avoir dans son escarcelle, des chasseurs russes de dernière génération aux côtés de ses "Su-30" existants. 

ENJEUX INTERNATIONAUX ET GÉOPOLITIQUES 

Ces livraisons à l'aviation algérienne permettent le  renforcement des liens militaires entre la Russie et l'Algérie.

En effet, cet accord illustre la confiance mutuelle entre Moscou et Alger dans le domaine de la défense. C'est donc un partenariat qui se renforce à un moment où la Russie cherche à consolider ses alliances militaires sur la scène internationale.

Ces livraisons interviennent à un moment où la tension avec l’Occident est à  son comble. 

L’achat d’avions russes par l'Algérie soulève des questions sur l’équilibre militaire dans la région du Maghreb notamment face aux autres puissances et aux alliances stratégiques.

À long terme, cette  stratégie de transfert des "Su-35" pourrait être vu non seulement comme un palliatif aux retards du "Su-57", mais aussi comme un signe que l’Algérie prévoit de diversifier et d’élargir durablement sa flotte aérienne.

La Russie voit en l’Algérie un partenaire fiable à long terme, surtout lorsqu’il s’agit d’exportation de technologies avancées comme les "Sukhoï".

L’acquisition des "Su-35" contribuera fortement à la dissuasion aérienne de la force de frappe aérienne algérienne, tout en préparant le terrain pour l’arrivée des Su-57.

Ces livraisons stratégiques aériennes pour le compte de l'armée algérienne interviennent au fort de deux  différends. Il y a d'une part celui entre le Maroc et l'Algérie en ce qui concerne la République arabe sahraouie. De l'autre, on a la pomme de discorde relative à la tutelle contestée de l'Algérie par le Mali.

Dans ce dernier cas, de nombreux observateurs avisés disent ne rien craindre en terme de conflit entre Bamako et Alger, car les deux sont  d'importants alliés de Poutine.

Ibrahim DIALLO 

L'Afrique en marche du 3 février 2026 No 1108