La Chronique internationale de Salifou DIAGNE
La construction d'un centre Ebola par les USA au Kenya est dénoncée avec vigueur par les populations de ce pays. Alors que Donald Trump renvoie les immigrants africains de son pays, est-il normal que le président américain fasse de l'Afrique une sorte de laboratoire à géométrie variable?
On peut construire au Kenya un centre de santé de quarantaine pour Américains.
Par des messages engagés, maniant l'ironie politique, contraste saisissant et métaphore médicale, les Kenyans dénoncent cette contradiction.
Avec Trump, la guérison s'exile, car l'Afrique est devenue un laboratoire à géométrie variable.
D'un côté de l'océan, les portes claquent. Des vies humaines, venues de la terre berceau du monde, sont triées, étiquetées, puis rejetées par le décret d'un homme qui veut murer son rêve américain.
Depuis son retour à la Maison blanche, lAfrique y est peinte comme une menace indésirable, ses enfants chassés comme des ombres hors des frontières par Trump, chef de la première puissance mondiale.
Pourtant, de l'autre côté de ce même océan, à Nairobi, les mêmes mains qui signent les avis d'expulsion posent la première pierre d'un sanctuaire médical.
L'AFRIQUE PAS UN DÉPOTOIR
Les fonds américains s'investissent soudainement pour ériger un centre de lutte contre Ebola au cœur du Kenya.
Quelle subtile ironie clinique. On refuse l'asile aux Africains à Washington, mais on nous construit un isoloir sanitaire à domicile.
Le message est d'une clarté absolue. On peut mettre dans ce centre de santé de quarantaine des Américains.
Pour Trump, le corps noir n'est toléré que s'il reste confiné dans sa propre géographie.
L'Afrique est perçue comme le laboratoire des crises qu'il faut contenir à distance, un périmètre de sécurité pour que le reste du monde puisse respirer sereinement.
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On ne guérit pas par altruisme, on érige un cordon sanitaire. On finance un rempart contre le virus là-bas, pour ne surtout pas avoir à gérer l'humain ici. C’est le paradoxe ultime de la philanthropie moderne : bâtir des hôpitaux pour soigner des Américains sur un continent détesté tout en criminalisant ceux qui tentent de le quitter.
Avec Trump, l'Afrique devient alors le masque d'une mise à l'écart.
L'Afrique en marche du 10 juin 2026 No 1197

