Donald Trump a eu la "tête" du patron de la Fed. Il est sur le point de le limoger, avec la nomination d'un nouveau patron. Objectif de toutes ces manœuvres, baisser les taux d'intérêt de la Réserve fédérale (Fed). Si la vision de Trump vise principalement à stimuler la croissance américaine en rendant le crédit moins coûteux, quels seront les avantages et inconvénients Pour le continent noir?
Pour l'Afrique, cette politique monétaire agressive présente un double visage, qui va imbriquer opportunités financières et risques d'instabilité macroéconomique.
DANS LA SÉRIE DES AVANTAGES
Comme potentiels avantages pour l'Afrique, il y a l'allègement du coût de la dette. En effet, une baisse des taux américains entraîne généralement une réduction du coût des nouveaux emprunts sur les marchés internationaux.
Ce qui permettra aux États africains de se refinancer à des taux plus abordables.
Mieux, l'Afrique va profiter de l'appréciation des monnaies locales. En effet, des taux plus bas aux États-Unis affaiblissent souvent le dollar. Cela peut freiner la dépréciation des devises africaines, réduisant ainsi le coût des importations facturées en dollars, comme l'énergie et les denrées alimentaires.
En outre, cette décision va assurer le retour des investissements. En effet, lorsque les rendements diminuent aux USA, les investisseurs cherchent de meilleurs profits dans les pays émergents et en développement. Ce qui pourrait dynamiser les flux de capitaux vers l'Afrique.
MAUVAISES NOUVELLES
Au titre des conséquences et risques majeurs, on aura en premier lieu, la volatilité et l'incertitude. En effet, les pressions politiques de Trump sur la Fed, perçues comme une menace pour l'indépendance de la banque centrale, créent une instabilité sur les marchés mondiaux.
D'où une incertitude de nature à compliquer la planification économique à long terme pour les gouvernements africains.
Mieux, l'Afrique doit craindre les risques d'inflation importée. Si la baisse des taux stimule excessivement l'économie américaine et ravive l'inflation, la Fed pourrait être contrainte de remonter brusquement les taux plus tard, provoquant un choc financier brutal pour l'Afrique.
En outre, il y a la concurrence commerciale et les tarifs. En effet, au nom de la politique "America First" de Trump qui s'accompagne souvent de tarifs douaniers élevés, même avec des taux bas, l'imposition de taxes sur les exportations africaines (comme via la révision de l'AGOA) pourrait annuler les bénéfices monétaires.
N'oublions pas le contexte de réduction de l'aide au développement. Le président américain, Donald Trump, privilégie une approche transactionnelle plutôt qu'humanitaire. Ce qui pourrait davantage entraîner des coupes dans l'aide américaine. Ce qui va obliger les pays africains à dépendre davantage de financements privés plus volatils.
À titre de rappel, actuellement, bien que Trump exige des baisses, la Fed a récemment marqué une pause dans son cycle d'assouplissement pour surveiller l'inflation persistante.
Saroukath SALIM correspondante aux USA
L'Afrique en marche du 3 février 2026 No 1108


