La formule « Quand les Africains chassent des Africains » résume la tragédie des vagues de violences xénophobes en Afrique du Sud.
En Afrique du Sud, ce jour 30 juin 2026, est la date limite pour les immigrés issus d'autres pays du continent (notamment du Zimbabwe, du Mozambique, du Nigeria ou de la RDC) sont contraints de partir de ce pays.
Pris régulièrement pris pour cibles par des populations locales, des Africains de Zimbabwe, du Mozambique, du Nigeria, de la RDC, du Malawi...n'ont donc pas le choix suite à cet ultimatum du 30 juin 2026.
Ce phénomène xénophobe récurrent s'explique par un croisement complexe de traumatismes historiques, de crises économiques profondes et de manipulations politiques.
CHÔMAGE ET PAUVRETÉ
L'Afrique du Sud subit un taux de chômage structurel extrêmement élevé. Une partie des classes populaires des townships perçoit les migrants comme des concurrents directs pour les emplois précaires, le logement et l'accès aux services publics.
Des décennies d'isolement international et de ségrégation systémique ont laissé des traumatismes profonds. Le système de l'apartheid a maintenu les populations noires sud-africaines coupées du reste du continent, favorisant une méfiance historique envers "l'autre" et une culture de la violence dans la gestion des conflits.
BOUCS ÉMISSAIRES
Face à l'incapacité de l'État à réduire les inégalités et la criminalité, les étrangers sont désignés comme responsables de l'insécurité et de la dégradation des conditions de vie.
MOUVEMENT OPÉRATION "DUDULA"
Dans ce contexte de précarité endémique, le rôle des mouvements populistes est préjudiciable. En effet, des groupes radicalement anti-immigration, à l'image du mouvement "Operation Dudula" ou des collectifs qui organisent la campagne "March on march", exploitent la colère sociale.
Ils orchestrent des chasses à l'homme, des fermetures forcées de commerces et imposent des ultimatums arbitraires de départ aux étrangers.
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Des plateformes comme TikTok et Facebook servent de caisses de résonance pour propager des discours de haine, coordonner des attaques et diffuser des vidéos virales de violences, ce qui amplifie le climat de terreur.
Cette situation crée d'immenses tensions avec le reste du continent africain. De nombreux pays jugent les réponses du gouvernement sud-africain insuffisantes pour protéger les ressortissants étrangers.
DÉJÀ 25.000 DÉPARTS
Face aux violences et aux menaces, plusieurs gouvernements (comme le Nigeria, le Ghana, le Malawi et le Mozambique) organisent régulièrement des rapatriements d'urgence pour protéger leurs citoyens en détresse.
Déjà, les pays africains concernés ont déjà rapatrié 25000 personnes.
Ces événements heurtent le concept de l'Ubuntu (la solidarité africaine) ainsi que la mémoire historique, car de nombreux pays africains avaient soutenu et accueilli les militants sud-africains pendant leur lutte contre l'apartheid.
Radji SANOUSSI
L'Afrique en marche du 30 juin 2026 No 1216

