La Nouvelle architecture financière africaine pour le développement (NAFAD) a été réaffirmée par la Banque africaine de développement (BAD) il y a quelques jours à Brazzaville (Congo). Il s'agit de capter et d'optimiser les 4 000 milliards de dollars d'épargne locale (fonds de pension et souverains) dormants sur le continent.
La Nouvelle architecture financière africaine pour le développement (NAFAD) marque un tournant historique pour la souveraineté économique du continent. Il ne peut en être autrement surtout au regard de cet objectif primordial qui veut transformer son épargne locale en principal levier de croissance.
Portée par la Banque africaine de développement (BAD) sous la direction de son président, le Dr Sidi Ould Tah, cette initiative est entrée dans sa phase opérationnelle pour corriger les paradoxes financiers de la région.
NAFAD: CAPTER 4000 MILLARDS DE $
Il s'agit de mobiliser l'immense épargne domestique africaine actuellement non exploitée.
Cette stratégie consiste à combler le déficit et réduire le manque annuel de financement du développement africain, évalué à 400 milliards de dollars.
Mieux, il faut cibler les fonds institutionnels et orienter les fonds de pension, les caisses de dépôt, les compagnies d'assurance et les fonds souverains vers des projets productifs.
En outre, il faut soutenir le secteur privé en facilitant le financement des PME, qui représentent 90% du tissu économique continental, mais qui souffrent d'un gap de financement de 300 milliards de dollars.
NOUVEAU BAPTÊME
Adoptée à l'origine sous l'acronyme NAFA, l'initiative a été officiellement rebaptisée NAFAD lors du grand rassemblement d'Abidjan.
Les piliers du consensus d'Abidjan matérialise l'engagement par la signature du Consensus d'Abidjan.
Sous la coordination de Didier Acouetey, conseiller supérieur pour la NAFAD, le plan s'organise autour de trois axes fondamentaux.
D'abord, l'architecture du système vise à réorganiser et interconnecter un écosystème financier jusqu'alors fragmenté pour faire collaborer banques de développement, banques commerciales et fonds de garantie.
Ensuite, la mobilisation du capital permet de créer des instruments régionaux coordonnés capables de rassurer les investisseurs locaux et de retenir les capitaux sur le continent.
Enfin, il s'agit d'assurer le déploiement du capital pour transformer et atténuer les risques d'investissement à l'aide de mécanismes de rehaussement de crédit et d'assurance.
Cette restructuration a été fermement réaffirmée lors des récentes assemblées annuelles de la BAD à Brazzaville, insistant sur une accélération de sa mise en œuvre en synergie avec le secteur privé et les banques multilatérales.
Frédéric TOURÉ correspond en Côte d'Ivoire
L'Afrique en marche du 15 juin 2026 No 1203


