L'année 2026 marque un véritable alignement historique, politique et spirituel à l'échelle mondiale pour une dénonciation sans concession des crimes de la traite négrière et de l'esclavage. En l'espace de quelques semaines, des institutions internationales, religieuses et nationales ont posé des actes majeurs de réparation symbolique et juridique.

Contre L'esclavage et la traite négrière, une résolution onusienne est intervenue le 25 mars 2026. Ensuite, on a fêté le 21 mai dernier, les 25 ans de la Loi Christiane Taubira. Le 25 mai, le pape Léon XIV a demandé pardon du fait de la domination tardive de ce crime abominable par l'église. Et ce 28 mai, le Parlement français a abrogé le "Code noir". 

RÉSOLUTION ONUSIENNE 

Depuis le 25 mars dernier avec le vote de la résolution onusienne, il y a une convergence mémorielle exceptionnelle. 

Dans un premier temps, il faut souligner la résolution de l'Onu le 25 mars 2026.

Portée par le Ghana au nom du Groupe des États africains, l'Assemblée générale des Nations Unies a adopté la Résolution 80/250. Le texte qualifie officiellement la traite transatlantique et l'esclavage racialisé de « crime le plus grave contre l'humanité ».

Cette résolution appelle explicitement à l'instauration d'une justice réparatrice pour corriger les injustices historiques. 

Notons que cette résolution a été adoptée par 123 voix pour, trois contre (États-Unis, Israël, Argentine) et 52 abstentions, dont la France.

1/4 DE SIÈCLE POUR LA LOI TAUBIRA 

Les 25 ans de la loi Christiane Taubira ont été célèbres le 21 mai dernier ( vote de cette loi le 21 mai 2001).

Cette loi du 21 mai 2001, a été pionnière, car elle a fait de la France le premier pays à reconnaître la traite négrière et l'esclavage comme des crimes contre l'humanité par voie législative.

En guise d'héritage 25 ans plus tard, cet anniversaire sert de catalyseur aux débats contemporains sur la transmission de la mémoire coloniale et le besoin de réparations concrètes.

PARDON DE LÉON XIV

Dans sa première encyclique intitulée "Magnifica humanitas", le pape Léon XIV a posé un acte théologique et mémoriel sans précédent. C'était le 25 mai dernier avec un pardon historique par rapport à la reconnaissance tardive de la dénonciation de la traite négrière et de l'esclavage par l'église catholique romaine.

Le souverain pontife a demandé « sincèrement pardon » au nom de l'Église catholique pour son rôle de légitimation de la traite au travers des bulles papales du XVe siècle (notamment Dum Diversas).

Léon XIV a reconnu la responsabilité du Saint-Siège dans le retard mis à prononcer une condamnation formelle et universelle de l'esclavage, qualifiant cette passivité historique de « blessure dans la mémoire chrétienne ».

Le pape (premier pontife d'ascendance afro-américaine moderne), lie ce mea culpa à une dénonciation des formes contemporaines d'esclavage et d'exploitation numérique.

ABROGATION DU CODE NOIR

Bien que l'esclavage ait été définitivement aboli en France en 1848, le Code noir de 1685 n'avait jamais été formellement purgé de l'arsenal juridique français.

L'abrogation formelle du Code noir par la France (28 mai 2026) est donc un acte majeur. 

L'Assemblée nationale a voté à l'unanimité (254 voix pour) une proposition de loi initiée par le député guadeloupéen Max Mathiasin pour abroger définitivement ce texte infâme.

Cet acte hautement symbolique supprime de manière définitive l'ombre juridique du texte de Colbert. Ce qui repond à une attente séculaire des citoyens des Outre-mer pour faire coïncider le droit républicain avec la vérité historique.

Cette convergence d'événements majeurs fait de 2026 l'année de la rupture définitive avec le déni. Ce qui force les anciennes puissances coloniales et les institutions spirituelles mondiales à solder la dette symbolique de ce passé déshumanisant.

Ibrahim DIALLO correspondant en France 

L'Afrique en marche du 29 mai 2026 No 1191