L'Editorial de Murielle MENSAH
L'installation des conseils communaux et municipaux suivie de l'élection des maires est prévue dès ce jour. Ce processus fait suite aux communales du 11 janvier 2026. Au regard de certains positionnements, Patrice Talon tient-il à un retour en grâce de technocrates avec un profil jugé plus efficace et "neutre"?
Cotonou, en pleine métamorphose sous l'impulsion de Patrice Talon, aura son maire dans quelques heures. On annonce l'élection d'un technocrate avéré et ancien ministre de l'environnement. Ce ne sera pas une surprise, car le maire sortant de la capitale économique, Luc Attrokpo est devenu député à la 10 ème législature.
POUR UNE GOUVERNANCE LOCALE EFFICACE
Patrice Talon, en dépit de sa fin de mandat, tient à un maintien de contrôle d'une gouvernance d'efficacité dans nos grandes villes Il ne s'agit plus de nommer des proches trop politiques des partis de la mouvance présidentielle, surtout avant de partir en guise de reconnaissance et de récompense.
L'objectif est de confier nos villes clés à des technocrates pour poursuivre l'influence transformatrice en cours depuis 2016. Avant cette dynamique de techniciens avertis, il y a eu la vague des secrétaires exécutifs pour limiter les risques et revers de la médaille d'une gouvernance trop politique de nos cités par les filleuls de nos partis.
Après le clientélisme politique souvent assimilé à une loyauté indue et qui n'a pas pu permettre de combler l'image du leader, il faut passer à autre chose.
Avec la motivation des profils compétents, le pouvoir Talon mise sur l'efficacité administrative grâce aux cadres techniques qui ne font pas partie du cercle restreint du personnel politique. À la tête de nos grandes villes, on ne va plus privilégier la loyauté au détriment du mérite pour affaiblir la gestion de nos cités.
Nos grandes villes n'auront donc pas l'image de "fin de règne" avec une multiplication de récompenses aux fidèles politiques.
Le recours aux technocrates doit être perçu comme une forme de fin de "prédation politique" pour une marque de vision à long terme, renforçant l'idée d'un pouvoir local. La décentralisation dans son socle juridique n'a pas été très pointue sur le profil de maire. D'où les avantages accordés de manière discrétionnaire aux membres de partis politiques qu'aux gestionnaires avérés.
Loin d'aliéner l'opinion publique et d'affaiblir la légitimité historique du mandat des maires, le positionnement des techniciens est une stratégie qui permet de sécuriser son camp. À la tête de nos grandes mairies, cette approche plus équilibrée permettra de valoriser la gouvernance locale avec des critères de mérite et de nominations structurelles et non la fidélité par des hommages.
L'Afrique en marche du 13 février 2026 No 1116
